Le salon de Sabrina

Un forum pour se détendre et parler de ce que l'on veut, dans le respect et la bonne humeur.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)

Aller en bas 
AuteurMessage
SabinaSabinus
Admin
SabinaSabinus

Nombre de messages : 511
Age : 37
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/03/2006

MessageSujet: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Mar 10 Oct - 13:53

Le traitement des enfants à l'hôpital général (1684)



Règlement que le Roy veut estre exécuté dans l'Hôpital général de Paris, pour la réception des garçons au dessous de vingt-cinq ans, et de filles qui y seront enfermés par correction.
Les enfans, soit garçons, soit filles des artisans et des pauvres habitans de la ville et fauxbourgs de Paris qui y exercent un métier, ... lesquels maltraiteront leurs père ou mères, ceux qui ne voudront pas travailler par libertinage ou par paresse, et les filles qui auront été débauchées, et celles qui seront en péril évident de l'être, seront enfermés dans les lieux destinés à cet effet : les garçons dans la maison de Bicêtre, et les filles dans celle de la Salpétrière...
Lesdits enfants demeureront aussi longtemps dans lesdites maisons de correction que les Directeurs... les trouveront à propos ; et les ordres pour les faire sortir, seront signés au moins par quatre d'eux, et par celui qui présidera au Bureau, lorsqu'ils en feront leur rapport.
Les garçons et les filles entendront la messe les dimanches et fêtes, prieront Dieu un quart d 'heure tous les matins et autant les soirs, seront instruits soigneusement dans le catechisme et entendront la lecture de quelques livres de piété pendant leur travail.
On les fera travailler le plus longtemps et aux ouvrages les plus rudes que leurs forces et les lieux où ils le pourront permettre ; et en cas qu'ils donnent sujet par leur conduite de juger qu'ils veulent se corriger, on leur fera apprendre... des metiers convenables à leur sexe et à leur inclination, et propre à gagner leur vie, et ils seront traités avec douceur, à mesure qu'ils donneront des preuves de leur changement.
Lesdits enfans, garçons et filles, seront vêtus de tiretaine, et auront des sabots comme les autres pauvres dudit Hôpital ; ils auront une paillasse, des draps, et une couverture pour se coucher, et du pain, du potage et de l'eau pour leur nourriture ; si ce n'est qu'ils gagnent par le travail auquel on appliquera dans la suite, de quoi acheter une demi-livre de boeuf aux jours auquel où l'on peut manger de la viande, ou quelque fruit, ou autres rafraîchissemens, lorsque les Directeurs trouveront à propos...
Leur paresse et leurs autres fautes s eront punies par retranchement du potage, par l'augmentation du travail, par la prison et autres peines usitées dans ledit Hôpital... Si quelque pauvre fille veut se retirer du dérèglement ou elle aurait eu la faiblesse de tomber, elle sera reçue et traitée charitablement (à Paris) et on lui fera apprendre ce qui lui sera plus avantageux pour sa vie...


N. Delamare, Traité de Police, livre III, titre V

_________________
Epitaphe sur la tombe d'Emmanuel Kant,
Le ciel étoilé au dessus de moi, la loi morale en moi.


Dernière édition par le Mar 10 Oct - 16:13, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shad
bavard
Shad

Nombre de messages : 46
Date d'inscription : 21/05/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Mar 10 Oct - 15:26

Ca rigolait pas à l'époque...


(mais la transgression devait être jubilatoire :)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://kapharnaum.highforum.net/index.htm
SabinaSabinus
Admin
SabinaSabinus

Nombre de messages : 511
Age : 37
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/03/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Mar 10 Oct - 16:09

(ceci n'est pas un commentaire de texte, ou du moins pas dans les règles de l'art)

Le Traité de Police de Nicolas Delamare fut publié en 1709 mais rédigé à Versailles en 1684. L'auteur était commissaire sous les ordres du lieutenant civil mais surtout du lieutenant de police Gabriel Nicolas de La Reynie, ce dernier fut un personnage central dans une nouvelle institution crée en 1667 par l'édit de Saint -Germain en Laye, avec la création d'un nouveau poste : le lieutenant de Police ; Il avait de larges prérogatives, d'autant que c'est une époque où l'on a accentué la volonté de pouvoir controler efficacement les individus. Cette institution prendra de plus en plus d'importance, Louis XIV recevra en privé de nombreuses fois le lieutenant de Police, ce qui était un moyen de se renseigner efficacement, entre autres, du climat social urbain.
Ce que l'on peut dire de l'auteur du traité, c'est qu'il était le fils d'un lieutenant (des chasses), orphelin très jeune il reçut cependant une bonne éducation grâce à un oncle, il acheta une charge de procureur au Châtelet mais se détourna de la fonction et demanda son admission dans la compagnie des commissaires, en 1673 il fut agréé et départi dans le quartier de la Cité et de l'Ile Saint Louis. La Reynie et Lamoignon lui demandèrent d'écrire une histoire de Paris et à rassembnler dans un ouvrage tous les textes relatifs au droit public ce qu'il fit dans la rédaction du Traité de Police. Le traité est écrit dans un contexte où le paupérisme d ans la société semble être le creuset des vices de la Polis, c'est à dire de la cité. Les cours de miracles où les "faux pauvres" s'adonnent à la Truanderie sont nombreuse, la ville est salle, mal polissée, et le regars de l'étranger comme l'homme honnête dépeint Paris comme une ville corrompue par le vice en particulier l'oisiveté. Les mendiants sont "pullulent", en particulier au coeur de Paris, la capitale est peu sûre, les agressions étaient semble t'il devenues quotidiennes et de plus en plus violentes d'où la nécessité de créer une institution spécialisée : la police.
Il va de soit que ce regard est à mettre en correlation avec les changements de mentalité, où l'on tend à dissocier la véritable pauvreté dans le sens morale, c'est à dire, à l'image de la pauvreté du christ, et la pauvreté qui tend aux vices, même si il faut nuancer le propos en sachant qu'il est évident que misère et criminalité est depuis longtemps perçu comme une correlation possible ; Mais le fait qu'à l'époque moderne on insiste de plus en plus sur l'image du gentilhomme, du travail en tans que vertue et ciment du bon ordre de la société, les accents sont mis sur la lutte contre la criminalité ; D'où une image paradoxale de la ville, à la fois lieu de civilisation mais aussi de concentration de vice et paupérisme.
C'est dans ce contexte que La Reynie par des mesures musclées pu mettre partiellement fin aux zones de non droit, assainir la ville et continuer à mettre en pratique avec plus d'efficacité certaines mesures tel que l'enfermement des pauvres.
Pour revenir à un point précédent, si le paupérisme a plus ou moins toujours était présent dans les villes, nous sommes dans une période de guerres, de disettes et la fluctuation des prix du blé avaient amené une grande mobilité des populations les plus démunies et fragiles en particulier des individus isolés, des orphelins, des jeunes sans métier, des brassiers. Toute cette population souvent exogène à la population citadine venaient gonfler la population pauvre de la cité. On décida donc de créer les Hopital Général en 1656 qui avait pour objectif de dispenser des soins aux pauvres, aux filles-mères, aux malades, aux fous, mais aussi servir de lieu d'"enfermement" pour les mendiants. La mendicité fut réglementé, elle fut interdite pour les gens valides, des milices : les archers des pauvres, avaient pour fonctions d'amener mendiants et vagabonds dans les hôpitaux. La Police, et la justice condamnait pour des petits délits les vagabonds et mendiants à des séjours dans les hôpitaux dotés d'une juridiction spéciale, ils sont organisés par section, hommes, femmes, prostituées, enfants... Les délinquants étaient aussi enfermés suite à des peine pénales ou à la demande des parents.
Le texte, nous décrit justement comment ces enfants enfermés é taient rééduqués. Il est ici intéressant de voir par quel moyen on pensait pouvoir en quelque sorte réinssérer une jeunesse corrompue, afin d'en faire de bons sujets, de bons enfants, de bons français et bien sur de bons chrétiens.

_________________
Epitaphe sur la tombe d'Emmanuel Kant,
Le ciel étoilé au dessus de moi, la loi morale en moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
servius_tullius
héraut


Nombre de messages : 62
Age : 38
Localisation : Canada
Date d'inscription : 21/09/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Mer 11 Oct - 19:13

C'est très intéressant comme découverte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SabinaSabinus
Admin
SabinaSabinus

Nombre de messages : 511
Age : 37
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/03/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Jeu 12 Oct - 12:40

"Les enfans des enfans de nos enfans seront des gueux à pendre" (Pierre Fieffé 1605)

L'enfermement des enfants dans les hopitaux généraux était souvent une peine judiciaire suite à un délit mineur. Autrefois les mineurs étaient mélangés aux audltes, mais avec la création des hopitaux généraux ayant une juridiction particulière a permis de pallier à l'absence de structure spécialisé pour les délinquants. (en théorie en fait souvent, manque de place, enfants abandonnés délinquants malades vieillards étaient mélangés)
Mais à partir de quel âge pouvait on considérer un individu responsable de ses actes ? et comment parler de délinquance juvénile ? y a t'il une conception de délinquance propre à l'adolescence ou à l'enfant...
Pour beaucoup de contemporains un enfant malin, pouvait être amené à être criminel, le mot malin n'avait pas la même connotation qu'aujourd'hui. On parlait de libertin pour un enfant ou jeune adulte récalcitrant à l'ordre, à l'autorité, et ne pas se plier au règle et à l'autorité paternel, cela pouvait etre considéré comme un potentiel criminel pour la société, suceptible de ne pas etre un bon sujet et un bon chrétien (figure du Père)
Cela dit il est évident que les contemporains faisaient la différence entre l'enfant et l'adulte, même si on est frappé par la sévérité des peines infligé aux délinquants juvéniles. On a presque l'impression que peu de différence était faite entre un adulte et un enfant accusés de crime. Or il y a bien une séparation entre l'enfant et l'adulte avec des âges intermédiaires, certes flou (pour l'adolescence) ce qui par conséquent amène une différenciation dans l'appréciation du crime et du délit suivant la capacité de discernement de l'accusé. Conformément à l'ancien droit romain, la minorité pénale prenait fin à 25 ans (je dis bien minorité pénal, car à trente ans un homme non marié pouvait être considéré comme faisant parti de la jeunesse) sauf pour les femmes qui restait à vie mineure (à nuancer mais je ne rentrerais pas dans les détails) preuve en est, puisque à la ligne 1 à 2 on précise jusqu'à quel l'age le garçon sera enfermé, mais pas pour l'âge de la femme.
On peut distinguer trois âges de 0 à 25 ans :
1/ les enfants de 0 à 7 ans sont considérés comme irresponsables et ne sont donc pas dans ce type de structure d'enfermement.
2/ les impubères de 7 ans à 12 ans (pour les filles) et 14 ans (pour les garçons). Jusqu'à 10/11 ans les enfants sont souvent considérés comme irresponsable mais cela c'est le juge qui détermine cas par cas et suivant le délit. A partir de 12 ans c'est aussi l'âge d'apprentissage d'un métier, c'est aussi à cet âge que l'enfant est plus sévèrement jugé (Des enfants de 13 ans se sont retrouvés à la potence pour crime)
C'est donc à partir de 12 ans que l'enfant peut se trouver placer dans ce genre d'institution.
3/ Enfin c'est surtout autour de l'âge de 16 ans que les délits sont plus sévèrement punis et c'est autour de cet âge que les enfants sont exposés le plus souvent au aléas de la vie selon les sources et les statistiques (mais toujours à nuancer), fuite du foyer paternel, vagabondage, recherche de travail à l'extérieur du lieu d'origine... c'est évidemment dans ces circonstances que ces enfants sont amenés à la délinquance. Une fois jugés, ils sont amensés dans les hôpitaux pour se faire rééduquer.
Ceci dit l'âge est souvent inexacte, beaucoup d'enfants ne connaissent pas exactement leurs âges, d'autant que le contrôle des individus gyrovagues est difficile, bon nombres d'accusés pour se protéger diminuaient leurs âges pour échaper à des peines plus sévères. Ce que les juges d'ailleurs ne manquaient pas à noter D'ailleurs les peines en rapport avec l'âge sont décidés par le juge suivant l'appréciation du délit ou crime commis, mais il est demandé aux juges de punir moins sévèrement les mineurs ou d'adoucir la peine. Exemple : la pendaison sous les aisselles était la peine atténuée de la pendaison par le cou, elle ne devait pas théoriquement entrainer la mort. Il faut noter que pour des enfans qui peuvent être jugés pour des crimes graves, on a pu les condamner à mort, notamment pour le parricide (peut être le crime le plus grave dans la société)

_________________
Epitaphe sur la tombe d'Emmanuel Kant,
Le ciel étoilé au dessus de moi, la loi morale en moi.


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 12:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SabinaSabinus
Admin
SabinaSabinus

Nombre de messages : 511
Age : 37
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/03/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Jeu 12 Oct - 13:03

Pauvreté, jeunesse, violence et délinquance

La jeunesse traditionellement était associée aux désordres, aux passions contrairement aux adultes sages qui étaient raisonnables. (quand je dis cela ce n'est pas mon idée c'est la mentalité de l'époque, quoique on peut se demander si ça a changé réellement lol)
Quand la jeunesse était assimilée à la gueuserie, les maux étant beaucoup plus virulents et souvent comparés à une maladie contagieuse, c'est le problème de la contagion des vices, dans beaucoup de sources on a l'impression que les contemporains voyaient leur société en processus de décadence, notamment le regard sur la jeunesse désoeuvrée. Ces jeunes sont donc enclins au libertinage, rebelle à toute autorité, celle de Dieu, du Roi et des parents.
Pour les contemporains la paresse ne faisait que multiplier la misère, la prostitution et les vols étaient les péchés et les délits les plus répandus.
En fait quand on regarde de plus près, ces personnes souvent qualifié de faux pauvres (personnes qui ne veulent pas travailler mais vivre que de charité d'honnêtes gens, d'ailleurs cour des miracle veut dire que des gens théatralisé un handicape et une fois avoir fait leur manche se relevait en bonne santé comme par miracle), la plupart des délinquants travaillaient, souvent c'était des ouvriers, des commissionaires, domestiques, décrotteurs, journaliers... c'est d'avantage l'instabilité des ces profession et le peu de rémunération qui amenait à la délinquance. Le vagabondage entrainait par certaines profession (ou la recherche de travail), les déracinements d'individus accentuaient ce phénomène. Les parents parfois absents ou eux mêê trop miséreux pour subvenir aux besoin du foyer, entrainaient ou poussaient passivement leurs enfants à la délinquance. (au mieux on les plaçait pour travailler comme domestique). De très bonnes études sur la ville de Lyon, les ouvrières travaillant le textile, étaient souvent amenées à se prostituer pour subvenir à leur besoin malgré le salaire trop maige d'un travail honnete, à cela s'ajoute violence urbaine, abus de supérieurs ou bande de jeunes et un individu isolé était aux proies d'exploitation mal saine (comme finalement aujourd'hui).
Les domestiques sont aussi souvent amenés à la précarité en particulier quand ils sont congédiés et n'ont pas de lettre de recommandation.
Finalement la plupart des délinquants juvéniles avaient une formation voir un métier, mais c'était soit l'insuffisance du salaire et l'isolement de ces jeunes qui les amenaient à commetre des crimes ou bien le chômage.
La réponse des autorités à cette misère sociale était l'encadrement des libertins dans des lieux d'enfermement afin de les civiliser et les polir. Mais pour les autorités c'est l'oisiveité qui est la cause première de cette dépravation, or on l'a vu se sont souvent des travailleurs qui vont être enfermés sous prétexte de les former (paradoxe évident)
A côté de ces institutions, pour controler cette délinquance, les réseaux familiales participés à l'encadrement des jeunes, le voisinage, le clergé...

_________________
Epitaphe sur la tombe d'Emmanuel Kant,
Le ciel étoilé au dessus de moi, la loi morale en moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SabinaSabinus
Admin
SabinaSabinus

Nombre de messages : 511
Age : 37
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/03/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Sam 14 Oct - 12:47

Un lieu de redressement moral des corps et des epsrits corrompus : l'hôpital

L'enfermement est une peine de justice, une punition ou un refuge, le séjour est temporel. Le mineur était souvent placé par les autorités lorsuq'il était pris en flagrant délits la plupart du temps mineur. (pour la plupart des vols). Le mineur pouvait être aussi placé par un parent, car l'enfermement des adolescents étaient une pratique courante pour sévir contre la rebéllion même dans la haute société, sauf que pour les aristocrates et les enfants issus de la bonne bourgeoisie, les établissement n'étaient pas les mêmes et le traitement était d'ailleurs différent, et cas nécessaire demande de lettre cachet du roi pour enfermer leur rejeton.
Pour les pauvres parents soucieux pour leurs enfants rebels, ils avaient la possibilité de placer ces enfants à condition de prouver leurs mauvais comportements devant les autorités (lieutenant de police etc). La délation aussi pouvait entrainer le placement du mineur, il y a eu le cas de prêtres s'inquiétant pour ses ouailles notamment les jeunes filles qui semblaient être de mauvaises moeurs, le voisinage pouvait se plaindre d'individus de mauvaises vies, il est rare que des parents demandent à placer leurs enfants pour vol ou prostitution (les cas les plus fréquents).
L'Hospitatisation libre était aussi possible mais ceci fut très probablement peu fréquent vu la mauvaise réputation des hôpitaux, et surtout lors des décisions d'enfermement des personnes gyrovagues provoqua une exode de ces individus vers l'extérieur des villes (peur de l'hopital et l'enfermement).
Ceci dit selon les sources contemporaines il semblerait que beaucoup de prostituées se sont converties après avoir étaient placées, mais quand on regarde plus plus pret, c'est surtout dans des couvents spécialisées pour ces jeunes filles que l'on peut voir ces conversions.
Il faut ajouter que l'hôpital n'est pas une prison, d'ailleurs la prison institutionnelle tel qu'on l'a connait, c'est à la fin du 18ème qu'est vraiment créé la prison en tans que tel. L'hopital est d'abord une institution religieuse, elle est tenue par des religieux, mais aussi des laïcs, et cela est très visible dans le texte, l'hopital a une sorte de règle de vie commune (expression pour la vie monastique) ce qui donne la dimension morale et religieuse. Cela dit évidemment l'enfermement des enfants, c'est l'ancêtre de la maison de correction, d'ailleurs à la même période en Angleterre on appele ces lieux, houses of correction, dans beaucoup de pays européen ces enfermements existent. Il y a vraiment une confusion de la nature de l'enfermement, dans le texte on le présente comme un refuge, mais c'est aussi une peine. Alors dans le texte on a l'impression que ces enfants vont être corrigé, c'est un texte assez formel, la réalité, il faut croiser les sources, en particulier un siècle plus tard, où au siècle des lumières on dénonce avec véhémence ces institutions, si on lit certains témoignages, les enfants sortent dans un état pire que quand ils sont rentrés. Difficile à dire aussi si les enfants étaient réellement bien encadrés, on peut dire que le texte en lui même c'est de la théorie ; D'autant que les établissements spécialisés étaient en fait peu nombreux et en général on mélangeait fous malade et enfants, et la capacité à acceuillir ces individus est faible.
Au sein de l'hôpital, l'obéissance à la hiérarchie est de rigueur, au plus haut les recteurs, lorsque se sont des laïcs ils ont bien souvent une fonction au sein de la municipalité, , des clercs sont aussi présents dans la direction et leur présence est nécessaire pour la curation des âmes et la direction des conscience. Ces recteurs sont souvent cooptés et l'esprit est collégial. Cette direction associait étroitement le travail à la pénitence spirituelle, une sorte de mystique du travail, le travail est une forme d'ascèse, et aussi une forme de prière, on le voit très bien dans le texte : "Tout en travaillant ils entendaient des lectures de livres de piété".
Tout déreglement entrainait des peines, souvent l'enfermement des les Murs Stricts (confinement), ou des corrections physiques, souvent affligés par l'utilisation du fouet, le fouet représentant l'autorité et la discipline. A noter aussi que pour éviter tout dérèglement on séparait les deux sexes dans des établissements distincts.

L'Etat, voit dans cette institution un rendement possible, on est dans une période où dans les hautes sphères politiques, que finalement la France peut prduire plus (donc s'enrichir), la France c'est le royaume le plus peuplé de l'Europe de l'Ouest, et comme à l'époque considérait que la richesse d'une nation va de pair avec le nombre de sujets. Pour certaines politiques on considère finalement que les faux pauvres, gangrènent la France, on compare souvent l'Espagne qui est perçu par les contemporain comme un royaume peuplé de oisifs, effectivement dans les circuits économiques, l'Espagne exportait beaucoup de produits non fini vers les Pays Bas espagnols, fuite des capitaux, de l'or des Amériques on peut dire vers l'extérieur de l'Espagne, mais des contemporains finalement explique cela comme une nature espagnole ramolie. Donc pour les politiques, des sujets travailleurs = économie saine. Et c'est pour cela que des projets ont eu cours de finalement implanter des manufactures dans les hopitaux généraux où l'on fait travailler les individus enfermés, il semblerait qu'il ya eu des lettres patentes pour l'autorisation de création de manufacture, mais ça n'a pu se faire puisqu'il y a eu des plaintes des corporations, qui voyaient là une concurrence déloyal, puisque évidemment le cout de production n'est pas le même.
(N'oublions pas que la description des traitements est faite par un commissaire connaissant de près la société mais très imprégné des valeurs de l'Etat et de l'ordre)

_________________
Epitaphe sur la tombe d'Emmanuel Kant,
Le ciel étoilé au dessus de moi, la loi morale en moi.


Dernière édition par le Sam 14 Oct - 18:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SabinaSabinus
Admin
SabinaSabinus

Nombre de messages : 511
Age : 37
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/03/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Sam 14 Oct - 18:24

Pour conclure je dirai que l'Hopital général a participé à l'imagerie de la pauvreté au XVII et XVIII. On est bien loin des représentations d'une pauvreté à l'image du christ, les pauvres en cette période sont souvent représentés dans l'iconographie comme sal, avec un physique peu avantageux, débauché notoire à l'image du bohémien. Image aussi très présente dans la littérature notamment dans la littérature picaresque, avec le picaro...

_________________
Epitaphe sur la tombe d'Emmanuel Kant,
Le ciel étoilé au dessus de moi, la loi morale en moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
SabinaSabinus
Admin
SabinaSabinus

Nombre de messages : 511
Age : 37
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/03/2006

MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   Ven 20 Oct - 14:52

sur l'éducation des enfants à l'époque moderne en France

http://resea-ihc.univ-lyon3.fr/activite/enfance.html

_________________
Epitaphe sur la tombe d'Emmanuel Kant,
Le ciel étoilé au dessus de moi, la loi morale en moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Traité de Police de N Delamare (1684, hopitaux généraux)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Opération de police de grande ampleur à Villiers-le-Bel
» police ?
» Traité de Coopération Judiciaire avec la Bourgogne
» Combien d'Hopitaux.
» Le premier traité du cidre

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le salon de Sabrina :: Visions sur le Monde :: Histoire-
Sauter vers: