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 La Cosa nostra. le crime organisé.

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obiwan kenobi
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obiwan kenobi

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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Mar 30 Mai - 7:42

Bugsy. Ou les juifs associés à la mafia italo-américaine


: 18 Mars 1992
Réalisé par Barry Levinson .

Avec Warren Beatty, Annette Bening, Harvey Keitel

Film américain. Genre : Policier. Mafia
Année de production : 1991



La fulgurante ascencion et la chute de Ben "Bugsy" Siegel, gangster de New York qui créa Las Vegas. basé sur une histoire vraie.

Bugsy Siegel était un mafieux américain. Il est né sous le nom de Benjamin Siegelbaum, à Brooklyn, en 1906, de parents juifs russes (ou autrichiens selon les versions), et est mort à Los Angeles en 1947, asassiné par ses asociés de la mafia.
Son surnom Bugsy (qu'il valait mieux ne pas prononcer devant lui), signifiant "le dingue", faisait référence à son tempérament sanguin, aussi cruel avec les ennemis que séduisant et entreprenant avec les femmes (parfois jusqu'au viol).

Bugsy Siegel a grandi dans le quartier pauvre et multiethnique de Williamsburg. Tout jeune, il rackettait les vendeurs de rues, et mettait le feu au commerce des récalcitrants. Plus tard, il rencontra Meyer Lansky, et ils formèrent le Bugs and Meyer gang, une bande de juifs opposée à des gangs italiens et irlandais. La relation de Siegel et Lansky resta privilégiée au sein du Syndicat du crime et on représente souvent leur association comme étant l'addition des muscles et de l'audace du premier, au cerveau et à la prudence du second. Leur gang compta dans ses rangs de futures célébrités du crime organisé, comme Lepke Buchalter, Dutch Schultz ou Abner "Longie" Zwillman qui devint l'un des principaux racketteur du New Jersey. En 1916, Siegel aurait assassiné l'indicateur responsable de l'arrestation de Lucky Luciano pour trafic de stupéfiants. Outre des rackets, le gang commettait occasionellement des braquages. Bugsy Siegel était également employé comme schlammer (briseur de grève), sauf quand les syndicats le payait davantage, et officiait de temps à autre comme tueur à gage.

Un assassin en vue
Alors que le gang gagnait en importance, il dut subir, vers le début des années 1920, les menaces et les pressions de l'importante famille mafieuse de Joe Masseria. Quant Lucky Luciano y fut enrôlé, cela leur offrit un répit. Entre temps, Siegel prit part, avec les autres membres du gang, aux opérations de bootlegging (trafic d'alcool) d'Arnold Rothstein. Son caractère intrépide le poussa à prendre l'initiative du braquage très risqué d'une cargaison destinée à Waxey Gordon, appartenant à Joe Masseria. En 1931, à l'instigation de Lucky Luciano et Meyer Lansky, il participa à l'assassinat de ce dernier.

Dans les années 1930, membre de la Commission de la mafia américaine, il prit une part active dans l'élaboration et la gestion de Murder Incorporated, la branche gérant les assassinats au sein du crime organisé. En 1934, il assassina et coula dans l'East River l'un de ses plus anciens amis, Bo Weinberg, lieutenant de Dutch Schultz qui, harcelé par le procureur Thomas Dewey, risquait de témoigner contre son patron. Au début des années 1930, Siegel exécuta également le tueur Vincent "Mad Dog" Coll, qui devait régler un contrat du parrain Salvatore Maranzano contre Luciano, ainsi que les frères Fabrazzo, qui avaient tenté de l'assassiner, lui et Meyer Lansky, en lançant une bombe, à la demande de Waxey Gordon, depuis la prison où ce dernier était enfermé pour fraude fiscale.

La Californie
En 1937, Siegel était dans le collimateur du procureur Thomas Dewey, et sa situation à New York devenait périlleuse. Compte tenu de son statut, le Syndicat, plutôt que de l'éliminer, décida, sur les recommandations de Meyer Lansky, de l'envoyer en Californie, où l'Organisation n'était quasiment pas implantée. Les secteurs du crime furent partagés avec le chef d'un gang italien de Los Angeles, Jack Dragna: les jeux pour ce dernier, le contrôle des syndicats pour Siegel. Ce dernier, avec son associé Moe Sedway, et son lieutenant, Mickey Cohen, s'intéressa tout particulièrement aux métiers du cinéma (techniciens, figurants, etc.), ce qui permettait de racketter les grands studios. À Hollywood, il retrouva un ami d'enfance, l'acteur George Raft, spécialisé dans les rôles de gangsters. Celui-ci l'introduisit dans les soirées chics, et Siegel, devenu une attraction vedette, collectionna les aventures avec des actrices, dont Jean Harlow. Après les studios, il en vint à racketter directement les stars.

Au début des années 1940, Siegel aida l'expansion sur la côte Ouest d'un réseau national d'information sur les paris (pour connaître les bons tuyaux avant la fin des courses), la Trans America détenue par the Outfit de Chicago, aux dépens de Continental Wire Service, l'entreprise d'un certain Jack Ragan, qui fut d'ailleurs assassiné dans cette même ville. Parallèlement, la presse parla de lui au sujet d'une affaire l'ayant impliqué dans Murder Incorporated, et il devint célèbre en tant que gangster.

Las Vegas
En 1945, Bugsy Siegel s'intéressa à Las Vegas, un village perdu dans le désert. Le Nevada venait d'adopter une législation autorisant les paris et les jeux de hasard. Siegel ne fut pas le premier à construire un casino, mais celui qu'il fit bâtir en 1946, le Flamingo, un établissement très luxueux, fut la première étape de la fondation d'un oasis de divertissement au milieu de nulle part. Ce projet, vu comme la possibilté de gagner de fortes sommes par des moyens légaux, intéressait également le Syndicat qui y investit par l'intermédiaire de Meyer Lansky.

Les qualités d'organisateur faisant défaut à Siegel, celui-ci perdit rapidement beaucoup d'argent, et contracta une dette de plus de six millions de dollars. Des témoins affirmaient en outre que la maîtresse de Siegel, Virginia Hill, faisait des allers-retours vers la Suisse, avec des valises de billets. À la conférence de La Havane, le Syndicat décida l'exécution de Siegel, malgré les réticences initiales de Meyer Lansky. Alors que le Flamingo commençait à générer du profit, Bugsy Siegel fut abattu par deux tueurs dans sa villa de Hollywood, le 20 juin 1947.
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Mar 30 Mai - 7:43

Billy Bathgate


Date de sortie : 15 Janvier 1992
Réalisé par Robert Benton

Avec Dustin Hoffman, Nicole Kidman, Loren Dean

Film américain. Genre : Drame, Policier
Durée : 1h 45min. Année de production : 1991

Basé sur la vraie vie de du gangster Dutch Shultz



En 1935, Billy Bathgate entre dans la bande du célèbre ganster Dutch Schultz. Ce dernier, froid, cynique et paranoïaque, n'hésite pas à faire exécuter son adjoint dont il s'approprie la maîtresse Drew. Il cherchera plus tard à la tuer, mais Billy, qui en est tombé amoureux, décide d'assurer sa protection...

Dutch Shultz :

Dutch Shultz, de son vrai nom Arthur Flegenheimer, est né en 1902 dans le Bronx de parents juifs allemands, il se convertira plus tard au catholicisme. Dans les année 1920 le crime organisé Blanc (surtout juif et irlandais) controlait le traffic de la prohibition et les night club de Jazz (voir le légendaire Cotton Club tenu par le non moins légendaire irlando-américain Owney Madden), les truands noirs se cantonaient dans l'exploitation d'une loterie clandestine nommée "le bolito". Dutch Shultz avec son lieutenant Mo Weinberg, controlait toue la production de bière sur Harlem. Quand la prohibition fut abolie(vers 1930), les bootleggers durent se reconvertir. Dutch Shultz, qui tirait ses revenus exclusivement de la vente des spiritueux, entama une action prédatrice sur la loterie des gangsters noirs (celle-ci se révelait particulièrement rentable). Aprés une guerre des gangs brutale, ou le fameux tueur irlandais Vincent "mad dog" Coll fit ses premières armes sous ses ordres, Dutch Shultz s'empara de tout les traffics d'Harlem et rançonna la plus importante chef de bande afro-américaine d'Harlem, Stéfphanie Saint Clair. Cette situation perdura jusqu'à la mort de Shultz en 1935.
En 1935 le procureur général de New York Dewey qui ambitionnait de hautes fonctions politiques entrepris de mettre fin aux activités de Dutch Shultz. Celui-ci, du fait de sa sauvagerie, de son cynisme, de sa paranoia, et de son manque de controle, était le gangster le plus connu et le plus détesté du grand public. Dutch Shultz dont la mythomanie n'avait plus de mesure décréta l'assassinat de Dewey. La commisssion de cosa nostra, (Dutch shultz n'en faisait pas parti) composée des représentants des 5 familles italo-américaines, de Meyer Lansky et Lepke Buchalter, s'alerta des conséquences sur ses activitées que pourrait avoir un acte visant un personnage aussi important que Dewey. Lucky Luciano qui présidait la commission ordonna à Dutch Shultz d'abandonner son projet. Celui-ci devenu incontrolable persista. Lucky Luciano fit abattre, dans un restaurant, Dutch Shultz avant que celui-ci ne passe à l'acte. Dutch Shultz sur sa fin avait été abandonné et trahi par la quasi totalité de ses hommes. Les gansters Blancs abandonnèrent Harlem en 1950.
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Mar 30 Mai - 7:43

Cotton Club. prohibitions Jazz à harlem, guerres entre gang ethniques


Date de sortie : 02 Janvier 1985
Réalisé par Francis Ford Coppola

Avec Richard Gere, Gregory Hines, Diane Lane

Film américain. Genre : Musical
Durée : 2h 10min. Année de production : 1984

Titre original : The Cotton Club

Basé sur la vie de Owney Madden, Dutch Shultz et Lucky Luciano.




L'intrigue du film couvre une période de 7 ans, située à cheval entre les "Roaring Twenties" et la Dépression. Conçue sur le mode d'une chronique, elle permet de cotoyer quelques figures légendaires de l'époque, comme Dutch Schultz, "Mad Dog" Coll (rebaptisé ici Vincent Dwyer), Lucky Luciano, Owney Madden...
L'intrigue du film couvre une période de 7 ans, située à cheval entre les "Roaring Twenties" et la Dépression. Conçue sur le mode d'une chronique, elle permet de cotoyer quelques figures légendaires de l'époque, comme Dutch Schultz, "Mad Dog" Coll (rebaptisé ici Vincent Dwyer), Lucky Luciano, Owney Madden...

Le tournage du film, qui devait s'étendre sur près d'une vingtaine de semaines, débuta à Brooklyn le 22 août 1983 et s'acheva le 23 décembre. Les principaux extérieurs ont été tournés à l'hôtel Plaza, dans l'immeuble Apthorp (au 2207 Broadway, où furent également tournées des scènes de LA BRULURE et NETWORK), à la Gare Centrale de New York (au 89 Est de la 42e Rue, décor également utilisé dans LA MORT AUX TROUSSES) et dans la 7e Avenue de Harlem, sur l'emplacement même de l'ancien Lafayette Theatre. La façade de cette salle fut réaménagée par le décorateur Richard Sylbert en conformité avec celle du Cotton Club.

Le tournage des intérieurs a quant à lui commencé le 13 septembre 1983. Le décor du Cotton Club a été reconstitué sur le plus grand plateau des Studios Astoria et les intérieurs plus modestes (ceux des familles Williams et Dwyer) sur des plateaux annexes.






1919. La prohibition a engendré une vague de violence qui déferle sur l'Amérique. A New York, au célèbre cabaret "Cotton Club", la pègre, les politiciens et les stars du moment goûtent les plaisirs interdits. Un danseur noir et un trompettiste blanc sont emportés dans une tourmente où l'amour et l'ambition se jouent au rythme des claquettes, du jazz... et des mitraillettes
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 10:55

grand film avec l'immense Chritopher Walken, mais le topic n'est pas finit. :wink:

Nos funéraillles





Nos Funérailles
The Funeral
USA, 1996
De Abel Ferrara
Scénario : Nicholas St-John
Avec Christopher Walken, Chris Penn, Annabella Sciorra, Isabella Rossellini, Vincent Gallo, Benicio Del Toro
Photo : Ken Kelsch
Musique : Joe Delia
Durée : 1h39




New York, années trente. La famille Tempio se réunit pour pleurer un de ses membres, Johnny, qui vient d’être assassiné. Il y a là Ray, le chef du clan, qui n’attend que le moment propice pour venger la mort de son jeune frère. Il y a aussi Chez, l’autre frère, dévoré par une maladie mentale qui le rend incontrôlable. Et puis il y a les femmes, veuves noires à la dignité opaque. Ensemble, tous se souviennent de Johnny. Mais vient l’heure de la vengeance, suivie du cortège de haine et de folie qui l’accompagne.


Dans la filmographie d’Abel Ferrara, The Funeral fait suite à The Addiction (1995). Les points communs entre ce dernier, qui traite du vampirisme contemporain, et le suivant, sur la dérive d’une famille mafieuse à l’époque de la prohibition, sont nombreux, même si cela peut paraître surprenant. Il faut dire que l’œuvre d’Abel Ferrara se distingue par une cohérence d’ensemble remarquable autour d’un thème, qui pourrait être résumé ainsi: la chute de l’homme.


FILM NOIR




Nos Funérailles donne l’étrange impression au spectateur de se retrouver devant un film en noir et blanc. En effet, tout y est noir: les costumes des personnes endeuillées, les limousines, la nuit qui enveloppe les scènes extérieures et les salles de cinéma… La seule couleur vive est celle du sang, synonyme de mort et de souffrance. Ce rougeoiement au milieu des ténèbres symbolise à merveille l’état crépusculaire du film. Mais il s’agit bien d’un polar, d’un film de genre ou plutôt qui va jusqu’au bout de son genre. Nos Funérailles porte alors vraiment bien son nom, puisque Ferrara enterre le mythe des gangsters flamboyants de façon plus cruelle et plus définitive encore que ne l’ont fait Coppola ou Scorsese. Et d’une manière tellement brillante. Maîtrisée à l’extrême, la réalisation épate par son élégance chez un auteur à qui on a souvent reproché son côté foutraque. La lenteur du rythme en fait un film austère, mais parfaitement adapté au s*c*r*i*p*t* de Nicholas St-John, scénariste attitré de Ferrara, qui a ciselé des dialogues fabuleux. Une seule phrase de Jean (Annabella Sciorra), l’épouse de Ray (Christopher Walken), résume l’essentiel: "Ce sont des criminels, et il n’y a absolument rien de romantique là-dedans".


LA NUIT DES MORTS-VIVANTS


Christopher Walken n’a jamais autant ressemblé à un mort-vivant, plus encore que dans Le Roi de New York, déjà sous la direction de Ferrara. Véritable vampire, il suce le sang de sa famille, qu’il mène à sa perte. Son frère, Cesarino, dit Chez, prend conscience de cette impasse. Chris Penn habite ce personnage. Découvert chez Tarantino dans Reservoir Dogs, il est l’absolue révélation du film, qui lui offre le rôle de sa carrière. Toute la douleur de son âme transpire dans sa magistrale interprétation d’un blues. Vincent Gallo est le jeune frère assassiné. Passionné de cinéma, il ne s’intéresse pas vraiment aux "affaires" de la famille. Mais est-il vraiment l’innocent injustement frappé? Quant aux actrices, aux noms prédestinées de veuves siciliennes (Annabella Sciorra et Isabella Rossellini), elles jouent à merveille l’impuissance et la détresse devant la violence masculine. Mais cette fois leur amour ne suffira pas à la rédemption. Car la mort recouvre tout de son voile noir: elle ouvre le film par un enterrement, et le clôture par un massacre
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 10:56

Le Chacal
Un gang Russe engage un super tueur solitaire pour assassiner la femme du président des états unis


Date de sortie : 28 Janvier 1998
Réalisé par Michael Caton-Jones

Avec Bruce Willis, Richard Gere, Diane Venora.

Film américain, britannique, allemand, japonais. Genre : Policier
Durée : 2h 4min. Année de production : 1997

Titre original : The Day of the Jackal




Le FBI est sur les dents. Un tueur implacable a été engagé par une organisation criminelle Russe pour supprimer l'une des plus importantes personnalités politiques des Etats-Unis. Sunomme le Chacal, cet homme reste insaisissable, changeant constamment d'identité. Carter Preston, directeur adjoint du FBI, affronte la plus difficile mission de sa carrière. Pour la circonstance, il fait équipe avec Valentina Koslova, major des services de renseignement russes. Ils demandent à Declan Mulqueen ancine membre de l'IRA, un familier de l'espionnage et du terrorisme ayant cotoyé le Chacal, de s'associer avec eux.

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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 10:58

Romanzo criminale,
L'histoire vraie de la bande des Magliana à Rome







1975. Le Libanais a un rêve : conquérir Rome. Pour réaliser cette entreprise sans précédent, il met en place une organisation criminelle sans pitié. Pendant 25 ans elle se développera et son histoire sera indubitablement liée à la période la plus noire que l'Italie ait connue ces années-là : terrorisme, enlèvements et corruption au plus haut niveau politique.
L'inspecteur Scialoia ne cessera de traquer cette organisation, tout en conquérant le coeur de Patricia, la femme de l'un d'entre eux.



Cette bande a réellement existé, la bande des Magliana. Dans le film, on retrouve le Libanais, le Froid, le Dandy et Andrea. Dès le début, le petit Andrea disparait. Quelques années plus tard, les trois petites frappes accompagnés par les amis du village vont enlever le richissime baron Rosselini. Le rapt dérape et ils assassinent le baron, mais touche les millions tant attendues. Ils suivent alors le Libanais et mettent le jackpot au service de la création d'une organisation criminelle qui à pour but de faire main basse sur Rome, la capitale. Ils débarquent, investissent dans la drogue, tuent tout les bons traficants en place dans les instances dirigeantes et tout les hommes dangereux, et se retrouvent vite au pouvoir. Jusque là rien de très original pour un film noir, mais le film de Michele Placido est placé dans un contexte particulier, qu'il décrit merveilleusement : l'Italie des années difficiles, l'Italie qui a peur. Le Dandy prostitue Patrizia et monte une maison close, le Libanais devient l'empereur du trafic de drogue, comme il aime s'en expliquer, le Froid, plus pieds-sur-terre, poursuit l'aventure avec ses amis d'enfance mais garde un pied dans la "vie minable" : celle des gens "normaux". Il tombe même amoureux d'une amie de son jeune frère et souhaite s'évader de cette vie. Ses associés doutent alors de lui mais, tout pourrait aller pour le mieux pour l'instant si seulement il n'y avait pas un vaillant commissaire pour essayer, à tout prix, de faire chuter l'organisation : le Commandant Scialoia. Il est seul contre tous, même contre le système qu'il défend : la corruption déteint sur ses enquêtes, mais c'est un incorruptible : il y arrivera. Il fait tomber le Libanais, qui ressortira grâce à des appuis politiques. Scialoia enquête sur Dandy mais tombe dans une relation ambïgue et intense avec Patrizia, la putain du gangster. Seulement, dans ce milieu, on peut mourir pour un mot ou un regard, qui que l'on soit, et le Libanais est poignardé, après l'attentat de Bologne. Le Froid veut venger son ami avec qui il était brouiller, il reprend les affaires en main, avec fermeté. Mais, il tombera lui aussi en cellule, avec tout les autres sauf un: le Dandy. Il devient donc le patron de l'organisation et s'installe avec Patrizia : il le jure, il ne tuera pas Scialoia. Le Froid apprend la mort de son frère, un junky, et il s'empoisonne pour sortir de prison, pour enfin revoir l'amour de sa vie, ne plus la décevoir, sa madone, Alberta (superbe Jasmin Trinca), la seule dose de pureté buccolique et quotidienne dans sa vie de bandit, il laisse le pouvoir au Dandy et s'installe en France. Désormais, cette vie de voyou le dégoute mais son empoisonnement le condamne. En Italie, le Dandy est assassiné et les affaires ne tournent plus. Scialoia et la loi triomphe, et le Froid, juste avant de mourir, décide de rentrer à Rome pour régler un dernier compte et expliquer toute l'organisation à Scaloia, mais il n'en aura pas le temps. Un tireur masqué l'abat : surement un de ces barbouzes qui ne désirait pas laisser le Froid raconter tout ce qu'il savait des activités doubles de certains officiels italiens, ceux-là même qui avait aidé le Libanais a sortir de prison et qui ne voulait pas que ces méthodes s'éfritent dans le bureau de Scaloia. Le réalisateur italien Michele Placido expose ici son Italie noire des années 70 sur une toile digne d'un tableau de maître, Modigliani ou Vinci. Ayant été policier dans les années 60, ce film pourrait etre présenter comme un témoignage de ce réalisateur, qui s'appuie aussi sur le livre éponyme de Giancarlo de Cataldo et sur les faits racontés par les membres encore vivants de ce clans de truands.
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 10:59

Il était une fois dans le Bronx






Date de sortie : 20 Avril 1994
Réalisé par Robert De Niro

Avec Lillo Brancato, Robert De Niro, Chazz Palminteri

Film américain. Genre : Comédie dramatique
Durée : 2h 1min. Année de production : 1993

Titre original : A Bronx Tale

L'histoire de la communauté italienne des années 60 dans le Bronx à travers les yeux de Calogero, neuf ans, qui hésite entre la vie de son père, honnête travailleur, et celle des affranchis, qui semble plus prometteuse.

Le Bronx, début des années 60. Fils d'un modeste conducteur de bus, Calogero, 9 ans, est témoin d'un meurtre perpétré par Sonny, le caïd du quartier. A la police qui lui demande d'identifier l'assassin, l'enfant ne dira rien. Huit ans plus tard, alors que Calogero est devenu un adolescent rebelle, Sonny, reconnaissant, décide de le prendre sous sa protection.

Le jeune garçon, fasciné par ce gangster certes impitoyable mais généreux et respecté de tous, se laisse influencer, apprenant peu à peu les règles du Milieu. Cependant, Lorenzo, le père de l'adolescent, n'accepte pas de voir son fils mal tourner...




Adapté d'une pièce de Chazz Palminteri, le film marque les débuts de Robert de Niro en tant que metteur en scène. Au début, Palminteri avait conçu un monologue sur certains de ses souvenirs d'enfance. Peu à peu, l'ensemble s'est étoffé jusqu'à atteindre les dimensions d'une pièce qui tint l'affiche plusieurs mois à Los Angeles puis à New York. Pour interpréter tous ces visages qui émaillent la 187e Rue, De Niro fit appel à des comédiens non professionnels (pour la grande majorité d'entre eux) afin de leur conserver un aspect aussi réel que possible. Les seuls acteurs professionnels qui interprètent un rôle dans le film sont tous issus du milieu. "Ils comprennent ainsi de quoi il s'agit", avoue De Niro.

Si la plupart des scènes ont été tournées dans le Bronx même, certaines d'entre elles furent toutefois filmées dans le Queens, plus précisément dans les rues avoisinant les studios Astoria. Chazz Palminteri se souvient : "Jeune, je pouvais voir les affranchis au coin de la rue, avec leurs belles voitures et leurs costumes rutilants, et je me disais qu'ils étaient de vrais durs. Mais en vieillissant, j'ai réalisé que c'était le travailleur, celui qui se lève tous les matins pour faire un boulot qu'il n'aime pas vraiment mais qu'il accomplit pour sa famille, qui était le vrai dur. Ceci est l'histoire d'un gamin qui doit faire des choix. Des choix qui peuvent altérer sa vie pour toujours."
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:00

MAFIA BLUES


Comédie sur la mafia de New York.



Date de sortie : 29 Septembre 1999
Réalisé par Harold Ramis

Avec Robert De Niro, Billy Crystal, Lisa Kudrow

Film américain. Genre : Comédie
Durée : 1h 43min. Année de production : 1999

Titre original : Analyze This



Ben Sobel est un modeste psychiatre qui mène une vie paisible jusqu’au jour où débarque dans son cabinet un puissant mafioso de New York:Paul Vitti. Ce dernier a toutes les chances de devenir le prochain parrain de la côte Est. Mais depuis quelques temps, il souffre d’étranges symptômes: crises d’angoisse et de larmes incontrôlées. Ben ne dispose que de quelques jours pour guérir ce patient qui risque à tout moment de lui faire la peau...

Si le psychiatre new-yorkais Sobel ne croit plus guère à l'efficacité de son savoir sur des patients atteints de névroses d'une banalité consternante, il va changer d'avis quand Paul Vitti, connu comme l'un des gangsters les plus puissants de New York, franchit autoritairement la porte de son cabinet. Le redoutable malfrat souffre d'étranges symptômes : bouffées d'angoisse, blocage, accès de culpabilité, crises de larmes incontrôlées. Il ordonne à un Sobel terrifié de le guérir rapidement car l'élection du nouveau parrain de la côte Est approche.
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:04

les parrain corses


La mafia, les parrains corses (France et international)


Au cours des soixante-dix dernières années, les gangsters corses ne se sont pas contentés «d'occuper le haut du pavé du crime (...) à Marseille et à Paris». Jacques Follorou et Vincent Nouzilles, les auteurs des Parrains corses, estiment qu'ils se sont «hissés au rang d'autres grandes organisations criminelles internationales». Aussi, à défaut d'avoir pu accéder aux archives du ministère de l'Intérieur, les deux journalistes ont dû alimenter leur documentation en prospectant, notamment, les archives américaines. CIA, DEA, Bureau des narcotiques et même la bibliothèque du Congrès regorgent, semble-t-il, de rapports et de pièces traitant du sujet.

Dès les années 30, Carbone et les Guérini se disputent le port de Marseille, trottoirs et docks, tout en prêtant leurs troupes aux ténors de la politique phocéenne. Les putes assoient leur réputation, la drogue qui explose déjà aux Etats-Unis emplit leur cagnotte. Mais ils ne dédaignent pas des activités plus pittoresques, du trucage des matchs de boxe au trafic de parmesan, lorsque, pour cause de guerre somalienne, l'Italie du Duce est boycottée par la France du Front populaire.

Durant la guerre, bien des voyous vont rejoindre le sinistre 93, rue Lauriston, siège de la Gestapo : «pillage des biens juifs (...), chasse aux patriotes, lutte contre les maquisards étaient les moindres actions de cette équipe de tueurs à la solde des Allemands qui les chargeaient des hautes et des basses oeuvres de leur justice : enlèvements, exécutions, disparition des traces des crimes», selon une note récupérée par les auteurs dans les archives de la préfecture de police. Quelques Corses, dont Joseph Orsini, dit «le Sanguinaire» et qui deviendra, après guerre, un des piliers du trafic de drogue, sont de la partie. Des résistants corses tentent d'abattre Carbone. La tentative échoue. Lorsqu'il est tué dans le déraillement d'un train saboté par la Résistance, l'ambassadeur allemand Otto Abetz assiste aux funérailles, aux côtés de Mistinguett éplorée quand «Tino Rossi entonne l'Ave Maria de Gounod et l'Ajaccienne». Le clan des Guérini, lui, prend part à la Résistance. «Ainsi», écrivent Follorou et Nouzilles, Mémé Guérini «ira jusqu'à attaquer un camion pour libérer une jeune juive âgée de 12 ans».

La French Connection réconcilie tout ce monde. Le sud de la France devient le «labo» où la morphine se transforme en héroïne. Les Américains préfèrent la nommer Corsican Connection, tant les insulaires dominent. Des policiers français anonymes écrivent à Edgar Hoover, patron du FBI : «Nous, policiers considérés comme des marionnettes, croyons qu'il est temps d'éclairer vos dirigeants (...). La Mafia a des soutiens dans toute l'administration (...). Nos collègues affirment que la police de Marseille, Lyon, Nice, Avignon, est contrôlée par la Mafia ou que des hauts fonctionnaires protègent systématiquement les membres de la Mafia.»

De son côté, dans une note à l'ambassadeur américain en France, l'agent John T. Cusack explique : «A Marseille et à Paris, avec moins de vingt agents permanents assignés à la lutte contre les stupéfiants (...), la police judiciaire ne peut se battre contre le milieu corse, (...) qui produit (...) 150 kg d'héroïne par mois pour les (...) Etats-Unis.» Les Guérini, Paul Mondoloni, Gaëtan Zampa évoluent souvent à proximité immédiate d'élus, notamment du maire de Marseille, Gaston Defferre. Au fil des pages, apparaît une foultitude de comparses. Trop peut-être. On regrette parfois le mélange des genres. Des documents d'archives du FBI côtoient les citations de livres, voire des rumeurs, tous rapportés sur le même mode. Ainsi, un rapport de police sur les Guérini est suivi de cette histoire invérifiable : «Un jour, un de [leurs] convives, substitut du procureur, se plaint ouvertement du vol de voiture dont il vient d'être victime. Antoine Guérini fait rechercher l'auteur du méfait par ses hommes de confiance. Le lendemain, la voiture est garée devant le tribunal, avec un bouquet de fleurs à l'intérieur.»
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:08

"]François Marcantoni, le parrain ami du show bizz, Delon, Belmondo, Aznavour ect....

Monsieur François



Marcantoni, l’élégant

Il a 84 ans, un air de parrain à la Scorsese qui fait le bonheur des plateaux télé. Il fustige avec morgue le gangstérisme actuel. L a démarche trahit le poids des années mais la formule fait encore mouche. Le Fouquet’s ? « C’est devenu un restaurant pour routiers ! » Son entrée dans le milieu ? « Une fois goûté au champagne, la limonade m’a parue fade. » Sa fiche au grand banditisme ? « Je l’ai accrochée dans un beau cadre doré. »

A 84 ans et même sans son célèbre borsalino, François Marcantoni excelle dans son rôle de figure truculente du milieu, bandit médiatique vu chez Philippe Bouvard Bouvard ou Mireille Dumas ou Fogiel et Ardisson. « Je ne sais pas si ce fut un vrai parrain. Mais en tout cas il aime bien jouer ce rôle », avance un connaisseur du milieu. Blazer bleu, lunettes noires, chemises à rayures à ses initiales, lorsqu’il pénètre dans cette brasserie des Ternes, les serveurs lui donnent du « Monsieur Marcantoni », le maître d’hôtel s’écarte sur son passage. Pour un peu, on se croirait chez Scorsese.
Originaire d’Alzi, en Corse, il s’est engagé dans la Résistance, fut torturé par la Gestapo. A la Libération, il détrousse d’anciens collabos et monte le cabaret Les Calanques, rue Quentin-Bauchart, avec le frère de Tino Rossi. Il tâte aussi du braquage, dit avoir fait partie du gang des tractions avant. Proche du SAC, il joue les agents électoraux : « J’ai assuré le service d’ordre pour la campagne de Robert Hersant dans l’Oise », dit-il entre deux bouffées de Montechristo. Marcantoni le facétieux qui, lorsqu’un jour un inspecteur de police lui enjoint de se tenir à carreau, revient le lendemain au commissariat avec une chemise à carreaux. En 1969, il est soupçonné du meurtre de Markovic, avant d’obtenir un non-lieu sept ans plus tard. A 73 ans, il retournera en prison suite à une affaire de tableaux volés. Quartier VIP, en compagnie du préfet Bonnet et de Bob Denard.
Aujourd’hui, Marcantoni dit avoir des occupations de retraité : Loto, tiercé, théâtre. Mais fustige avec morgue le gangstérisme actuel : « Avant, il y avait un code d’honneur. Une morale. Des règles. Quand les flics faisaient une descente, ils n’avaient pas besoin de gilets pare-balles. Aujourd’hui on tire au bazooka sur les convoyeurs. » Les truands, aussi, sont nostalgiques… Vincent Monnier



Il n'en reste qu'un. Il s'appelle François Marcantoni. Dernier témoin d'une époque révolue, à 85 ans, « monsieur François » se demande encore comment il a pu passer entre toutes les balles. Jeune résistant blessé en opération, arrêté par la police française qui le livre à la Gestapo, il subit les interrogatoires, la torture. Décoré, pensionné, il aurait pu, à la Libération, aspirer à vivre paisiblement.

Mais il choisit la vie marginale des « hommes » du milieu. Il arnaque d'anciens collabos, puis devient braqueur de banques. Gang des tractions-avant, gang des blouses grises, François Marcantoni se retrouve fiché au grand banditisme. En 1968-1969, le voilà propulsé au coeur d'une affaire d'État : le meurtre de Stefan Markovic, un proche d'Alain Delon. En fait, ce cadavre permet d'ourdir une machination politique visant à couper la route de l'Élysée à Georges Pompidou.

L'auteur, qui a bénéficié d'un non-lieu en 1976, donne au lecteur toutes les pièces du puzzle Markovic. Une affaire qui en dit long sur le cynisme et le machiavélisme des gens du pouvoir.

François Marcantoni évoque les grands truands qu'il a côtoyés : Henri Laffont, Abel Danos, Pierrot le Fou, Émile Buisson, Paul Dellapina, Ange Salicetti, Jo Attia, les Guérini, Tany Zampa et Francis le Belge...

À la jonction de la grande truanderie, du show-biz et de la politique, François Marcantoni nous livre un témoignage étonnant, unique, sur les trente glorieuses du milieu



Portrait
François Marcantoni, vedette du milieu et ami des vedettes
LE MONDE | 24.05.06 | 13h28 • Mis à jour le 24.05.06 | 13h28
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3226,50-775448,0.html

Il n'est rien d'autre qu'un honorable retraité. Bien calé au fond de son fauteuil, François Marcantoni s'efforce de convaincre de ce qui est pour lui "une évidence". A 85 ans, il n'est plus cette figure du "milieu" familière des "unes" de la presse des années 1970, mais un vieux monsieur tranquille qui partage sa vie entre Paris et sa maison de campagne de Goussainville (Eure-et-Loir). "Quand les flics me suivent, dit-il d'un ton le plus sérieux, ils voient que je ne fais que 600 mètres par jour, 300 mètres aller, de chez moi à l'Hôtel Méridien, où je donne mes rendez-vous, et 300 mètres retour !"

Cette discrétion revendiquée n'a pas empêché la police de placer encore François Marcantoni en garde à vue en 2005. Il était soupçonné dans une affaire de racket et a finalement été mis hors de cause. "Je suis victime de ma réputation, proclame-t-il, désespéré. Dès qu'il se passe quelque chose, c'est Marcantoni par-ci, Marcantoni par-là." L'honorable retraité ne veut pas jouer au coquet, mais il insiste, afin qu'on le comprenne bien: "Je vous assure que je m'en passerais volontiers."

Pour qu'il évoque l'affaire Markovic dans son nouveau livre, Monsieur François. Le milieu et moi de A à Z (Ed. Le Cherche Midi, 254 p., 17 €), son éditeur a dû se montrer persuasif. "Si cela ne tenait qu'à moi, je n'en aurais pas parlé", confesse-t-il. A la fin du mois de septembre 1968, le cadavre de Stephan Markovic est découvert dans une décharge publique d'Elancourt (Yvelines), une balle dans la tête. Ce ressortissant yougoslave au physique avenant a pour caractéristique d'être un proche du comédien Alain Delon. Une des affaires les plus sulfureuses de la Ve République est enclenchée. Elle vise l'ancien premier ministre et futur président, Georges Pompidou, et mêle dans un véritable micmac des gaullistes des services secrets, la presse à scandale et des voyous. Des photos truquées circulent qui accusent Claude Pompidou, l'épouse de Georges, d'avoir participé à des parties fines, dont Markovic était l'un des maîtres de cérémonie.

Et Monsieur François, dans tout cela ? Lui aussi, alors qu'il est fiché au grand banditisme, entretient des liens avec l'acteur, dont il vante aujourd'hui encore "la fidélité en amitié". Il est aussi le cousin d'un protagoniste de l'affaire, l'agent des services d'espionnage Jean-Charles Marchiani, gaulliste antipompidolien, futur préfet du Var, et suspecté d'avoir tenu un rôle actif dans la machination. La police ne tarde pas à effectuer un rapprochement entre le mort d'Elancourt et le trop célèbre Marcantoni, qui se retrouve, une fois de plus, en prison. "J'avais le port de tête idéal pour porter le borsalino", résume-t-il dans son livre, en précisant: "La police judiciaire s'est donc évertuée à démontrer que la balle qui avait traversé la matière grise du Yougoslave m'appartenait."

L'ancien commissaire Claude Bardon, qui interrogea Marcantoni, n'est pas de cet avis. Des éléments matériels mettaient selon lui en cause "Monsieur François", qu'il décrit comme un homme "solide, courageux, un bon exécutant", qui avait su se faire sa place aux lendemains de la guerre, dont il était sorti en "voyou honorable de l'Occupation". Un non-lieu avait cependant été rendu en sa faveur en 1976.

Sur le reste de son parcours, il est volontiers plus prolixe. Le "milieu" d'abord. Le jeune Corse originaire du village d'Alzi (Haute-Corse) n'était pas destiné à figurer au palmarès des beaux messieurs. Il se rêvait artificier, a commencé sa formation à Toulon. Elle a été interrompue par la guerre. Résistance. Prison, déjà. "Là, explique-t-il, je me suis dit: si je m'en sors, je vivrais une autre vie." La grande vie. Il entame une longue carrière dans le gang des "tractions avant", "la meilleure voiture de l'époque", carrière qu'il va traverser "sans se faire tirer une seule fois dessus", et pendant laquelle il va rencontrer ceux qui comptent.

Barthélemy Guérini, dit "Mémé", maître de Marseille, autant dire maître du monde, jusqu'au milieu des années 1970 ? "Un homme formidable. Nous étions très intimes. Je vois encore sa fille, Christine, installée à Paris." Francis Vanverberghe, "le Belge", un successeur du précédent, dont la vie s'est brutalement interrompue en septembre 2000, après qu'un individu non encore identifié lui eut tiré huit balles dans le corps? "Il était très sympa, élégant. Il avait la classe." François Marcantoni précise qu'il devait dîner avec "le Belge" le soir de son assassinat. Il avait aussi beaucoup d'estime pour le rival, Gaëtan Zampa, "Tany", qu'il rencontrait "amicalement" à Paris. C'était "des commerçants", résume-t-il d'une audacieuse formule.

Est-ce à cet éclectisme qu'il doit son exceptionnelle longévité ? Ou à son art de ne dire du mal de personne? "Quand je parle des gens, admet-il, je me sens obligé de dire du bien." Il y a une exception: les Zemmour, flamboyants boss de la capitale jusqu'au début des années 1980. "Ils faisaient dans la drogue et dans le proxénétisme. Je ne les aimais pas", condamne-t-il sans appel.

Pour M. Bardon, qui, à ses débuts, en 1962, avait reçu pour mission d'infiltrer le milieu parisien, "Marcantoni n'a jamais franchi la dernière marche... Il connaissait les grands, mais ceux-ci ne l'associaient pas aux mécanismes les plus subtils de leurs affaires. Mais il était fiable, il avait bonne réputation."

Monsieur François avait des intérêts dans un bar chic près des Champs-Elysées, ouvert par le frère de Tino Rossi. L'établissement était fréquenté par des vedettes du cinéma et du music-hall, dont il garde un souvenir forcément ému: "Ginette Leclerc, Viviane Romance, Jean Richard, Achille Zavatta, Raymond Pellegrin." Et puis, il y en a un qu'il n'oubliera jamais. Ce n'est pas Alain Delon, mais Michel Simon, qu'il a connu "trop tard". "C'était un révolté, dit-il. J'étais allé chez lui, à Bry-sur-Marne, accueilli par ses mainates qui chantaient La Marseillaise. On était partis déjeuner dans ma Chevrolet. Les gens se levaient pour lui. Il était avec une fille de la porte Maillot et fredonnait des chansons d'Arletty. Quand j'ai appris sa mort à la radio, ç'a été un choc."

Aujourd'hui, François Marcantoni fait "attention" pour jouir de ses dernières années, nanti de la morale de sa propre histoire. "Je ne regrette rien, vous pouvez l'écrire, dit-il. Car je préfère le champagne à la limonade et le caviar aux lentilles."

Pascal Ceaux

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Parcours

1920
Naissance à Alzi (Haute-Corse).

1940
Entame une formation d'artificier à Toulon.

1959
Est inscrit au fichier du grand banditisme.

1968
Découverte du corps de Stephan Markovic.

1976
Non-lieu en faveur de François Marcantoni.

2006
Parution de "Monsieur François" (Le Cherche Midi).

Article paru dans l'édition du 25.05.06
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:13

Le corse et le napolitain ami pour la vie, les rois de Marseille de 1920 à 1943

Paul Venture dit "carbone" et François Spirito dit "Lydro"




Paul Carbone (Paul Bonnaventure Carbone), né en Corse, est une figure du milieu marseillais des années 20, 30 et 40. Lui et son associé italien François Spirito inspireront le film Borsalino qui réunit Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.

Les deux hommes se sont rencontrés en Egypte et y ont monté un mini-empire basé sur la prostitution. À Marseille, Paul Carbone a été l'homme fort de la ville pendant 20 ans, étant lié à des politiques, possédant de nombreuses maisons closes, rackettant à tour de bras sur toute la côte, et faisant de la contrebande de parmesan (sic) entre l'Italie et la France.

À Paris, le caïd marseillais est tout aussi connu, possédant de nombreux intérêts dans plusieurs établissements. Carbone et Spirito ont aussi été les premiers français a importer de l'opium en France pour le transformer en héroïne et l'envoyer aux Etats-Unis. Les bases de la French Connection...

Dans l'entre-deux-guerres, Carbone et Spirito font alliance avec Simon Sabiani, le maire de Marseille. Après le 6 février 1934, les hommes de Carbone sont lancés contre les dockers en grève.

Pendant la guerre, les deux hommes se rangeront du côté de l'occupant, par intérêt. Ils aidèrent la Gestapo pendant toute la durée d'occupation de la "zone libre", en échange de quoi on fermait les yeux sur leurs affaires.

Paul Carbone mourut en 1943 dans un sabotage de la Résistance, sa voiture ayant été percuté par un train que la résistance avait fait déraillé. Ayant les jambes sectionnés, Paul Carbone agonisa pendant de nombreuses heures avant de rendre l'âme, une cigarette à la bouche.

Son associé François Spirito s'enfuira en Espagne puis en Amérique du sud à la Libération et s'adonnera au trafic d'héroïne jusqu'aux années 60, se plaçant en tête des trafiquants internationnaux.



Avant le règne de Paul Venture Carbone et François Spirito sur la cité phocéenne, la pègre était peuplée de proxénètes élégants et autres bandits dont l'idéal était d'obtenir des revenus réguliers leur permettant de vivre relativement bien. A cette époque, le type d'investissements le plus répandu consistait à contrôler deux ou trois prostituées. Rien de bien méchant. C'est en ce sens que l'association de 20 ans de ces deux amis a bouleversé le petit monde du banditisme français. Ce sont en effet les premiers a avoir bâti leur règne sur une ambition démesurée, un règne devant leur permettre de prendre le contrôle d'une ville. Une révolution. Ce n'est pas un hasard si le film Borsalino a retracé leur saga dans les années 1970.

Paul Venture Carbone est né le 1er février 1894 à Propriano, en Corse, d'un père navigateur. Alors que Paul est encore très jeune, la famille Carbone s'installe à Marseille, au Panier. Paul est alors un élève plutôt brillant, mais il devra abandonner l'école après l'obtention du Certificat d'étude pour aider sa mère devenue veuve, qui avait alors à sa charge trois enfants : Paul et ses deux jeunes frères, François et Jean. Paul découvrit le monde du travail très jeune : A 12 ans, il est vendeur de journaux puis, quelque temps plus tard, il s’engage comme matelot.

C'est à l'adolescence que Carbone se fera connaître par les services de police. Grand et costaud, Paul n'est pas avare en distribution de coups de poing. Il sera ainsi mêlé à plusieurs bagarres à Marseille. En 1914, il part pour au Bataillon d'Afrique pour réaliser son service militaire. Puis la Guerre éclate. On l'enverra à cette occasion combattre au Maroc puis à Verdun en 1917, lors de la célèbre bataille, durant laquelle il sauvera son supérieur. Cela lui voudra la médaille militaire. Carbone est alors devenu un dur, un tatoué. Une multitude de tatouages tapissent son dos, ses bras, son cou ou encore sa poitrine. Erreur de jeunesse. Devenu un caïd du Milieu, il commence à fréquenter hommes d'affaires et autres politiciens, pour qui ce genre d'artifices n'est pas vraiment entré dans les murs. Soucieux de son image, Paul tentera par tous les moyens d'effacer et de dissimuler ses tatouages.

La guerre terminée, Carbone se lance dans le proxénétisme. Commençant à avoir une certaine notoriété dans le Milieu, il occupe une place de choix auprès des souteneurs. Ambitieux et bien décidé à construire son empire, il se rend en compagnie de sa femme en Egypte, un bon moyen pour étendre son pouvoir. C'est justement au Caire qu'il va rencontrer celui qui deviendra son compère légendaire pendant près de 20 ans en la personne de François Spirito, dit « Lydro » en raison des cicatrices de variole qu'il porte sur son visage. Né en Italie en 1900, il débarquera à 13 ans à Marseille, avant de migrer vers le Caire où il exercera comme proxénète. Certains prétendent que Spirito a sauvé Carbone de la mort alors que celui-ci s'était retrouvé entouré vivant dans le désert par des proxénètes égyptiens.

De retour en France, les deux hommes vont commencer à se faire une jolie réputation dans le Milieu marseillais, où ils seront reconnus comme de bons racketteurs. Cette activité leur rapporte un joli pécule. D’autant plus que, pendant ce temps, leurs femmes respective se trouvent en Argentine où elles exercent dans la prostitution. Bien entendu, l’argent qu'elles récoltent revient à leurs hommes. Cet argent va leur permettre de prendre des parts dans des établissements cannois, niçois et marseillais. Les hommes de main du duo se montrent en effet suffisamment persuasifs pour convaincre les récalcitrants aux prises de participation.

En 1929, Carbone et Spirito achètent une villa au Caire, qu’ils transforment en gigantesque bordel, vers lequel sont envoyées de nombreuses « travailleuses » françaises. Les deux caïds vont ainsi très rapidement se retrouver à la tête d'un réseau de prostitution d’ampleur internationale : Ils sont en effet présent en France, au Caire, en Argentine et à Tunis. Débordant d'ambition, ils vont alors se lancer dans un nouveau métier : le trafic de stups. Carbone deviendra transitaire en cocaïne, drogue qui a fait progressivement son apparition dans le milieu de la prostitution. Paul achète la drogue et l'exporte aussitôt. A l’époque, ceci était tout à fait légal. Ce qui ne l'est pas, c'est le trafic d’Opium. C'est pourtant dans cette direction que Carbone et Spirito vont dorénavant se diriger.

Le duo va mettre en place un trafic entre L'Egypte et Marseille. En effet, les bords du Nil pullulent de revendeurs, qui proposent de l'opium venu d’'Extrême-Orient. Carbone instaure alors un système de navettes entre Alexendrie et Marseille. Si plusieurs truands, notamment des corses, sont sur le marché, Carbone et Spirito vont vite avoir la main-mise dans ce domaine. Pour déjouer les autorités, ils conditionnent l'opium dans des sacs étanches lancés à la mer à l'approche du port puis récupérés plus tard par des hommes en barque. Ingénieux procédé.

Progressivement, à l'approche des années 1920, l'opium va se raréfier. La nature ayant horreur du vide, un autre produit va faire peu à peu son apparition : l'héroïne. Triple avantage : cette drogue est moins coûteuse, moins repérable (les fumeries d'opium étaient vite identifiées par la fumée qui s'en dégageait ainsi que par le va et vient des toxicomanes) et surtout plus addictive. L'Amérique va vite adopter cette poudre blanche, dès le début des années 1920. Une aubaine pour Carbone et Spirito. Le logisticien de cette activité se révélera être François Spirito. C'est en effet lui qui est en charge de l'importation du brut égyptien et de l'exportation vers l'Amérique. De manière a augmenter le prix de vente et à faciliter le transfert vers les USA, Carbone et Spirito vont se lancer dans le raffinage. Ils vont alors installer un laboratoire clandestin dans la région parisienne. Ils se lieront alors à Dominique Albertini, ancien préparateur en pharmacie, qui deviendra leur raffineur. L'affaire est lancée. Une fois raffinée, la drogue (en petite quantité au départ) est directement envoyée à New-York. Les débuts de la French Connection (voir article qui lui est consacré).

Bien installés à Marseille, Carbone et Spirito, grâce à leurs relations avec des dockers, vont réussir à conquérir le port. Une mine d'or pour le binôme qui, en plus de la prostitution, du racket et de l'héroïne, va se lancer dans des trafics en tout genre : trafic d'armes avec l'Espagne en 1936, trucage de matchs de boxe, émission de fausses monnaies . Véritables touches-à-tout, Paul Carbone et François Spirito sont alors les rois de Marseille. Ils mènent la grande vie, ce sont des flambeurs : Voiture, voiliers, restaurants de luxe, Casino ils s'affichent dans tous les endroits select du sud de la France. Tenanciers de bars, on verra même des célébrités fréquenter leurs établissements. Pendant ce temps, des jeunes loups aux dents longues (et futurs grands) débutent leur ascension : Les frères Guérini. Ceux-ci se feront très vite remarquer par les boss de Marseille. Pour étendre leur pouvoir, les Guérini (Antoine et Barthélemy, dit « Mémé ») ont besoin de l'assentiment de Carbone et Spirito. Ceux-ci vont leur accorder le droit d'aligner des filles en l'échange de quelques coups de main, qui consistaient notamment à convaincre les tenanciers qui refusaient de leurs céder des parts. Malgré l'ascension des Guérini, la cohabitation entre les deux clans se fera sans trop de dégâts : Bien qu'ayant des intérêts différents, Carbone et Spirito d'un côté et les Guérini de l'autres fermaient les yeux sur leurs activités respectives. En 1937, Carbone et Spirito iront même jusqu'à laisser aux deux frères une grande partie du business des prostituées. En effet, vers le milieu des années 1930, le duo est occupé à Paris, où il va investir dans les bars et les boîtes de Montmartre. Carbone sera même cité dans une affaire de vol, en juillet 1931, lorsqu'un homme d'affaire grec se fait dévaliser ses bijoux à son domicile. La victime se rétractant, Carbone ne sera pas inquiété. Vers 1935, les caïds sont aperçus à toutes les bonnes tables parisiennes, ainsi que sur les champs de courses et dans les cercles de jeu.

C'est en 1931 que Paul et François vont commencer à lier des liaisons sérieuses avec le monde politique, notamment avec l'adjoint au maire de Marseille, Simon Sabiani. Un soutien de taille. En effet, les deux hommes ont bien compris l'importance d'avoir à leur côté des personnalités du monde politique : D'une part il n'est pas rare de voir la puissance publique protéger certaines organisations criminelles et, d'autre part, un rapprochement vis à vis des politiques peut être synonyme de revenus supplémentaires abondants au travers de diverses corruption.

C'est ainsi, qu'en 1931, Carbone et Spirito sont parvenus à un "accord" avec Simon Sabiani, homme politique aux tendances fascistes. Cet accord doit permettre au frère de Paul Carbone de devenir directeur du stade municipal, mais aussi d'intégrer à divers postes de l'administration plusieurs associés du clan Carbone-Spirito. En échange de ces faveurs, le duo doit organiser un corps d'élite de gangsters ayant pour mission d'être les fer de lance des manifestations fascistes du milieu des années 1930. Les deux parties y trouvent leur compte. Tout au travers de l'Europe, le mouvement fascisme prend de plus en plus d'ampleur : Mussolini règne sur l'Italie, Hitler arrive au pouvoir en Allemagne tandis qu'en France commencent à émerger quelques groupes fascistes ayant pour unique ambition de renverser la République en créant un climat d'hyper-violence. Rapidement, communistes et socialistes tentèrent de venir au secours de la République, ce qui allait donner naissance à des confrontations sanglantes sur l'ensemble de la France. Pendant ce temps, à Marseille, Carbone et Spirito étaient à l'avant-garde de l'extrême droite. Pour preuve les faits suivants. En 1934, quelques jours après le discours public d'un groupuscule fasciste, des manifestations de rue massives ont éclaté sur la Canebière, boulevard principal de Marseille. Des milliers de travailleurs et autres membres de syndicats sont venus montrer leur désapprobation jusqu'à ce que des membres du clan Carbone-Spirito n'ouvre le feu sur la foule. Pendant que la Police évacuait la foule, les nombreux blessés étaient amenés vers l'hôpital.

Après quatre années de luttes acharnées contre le clan Sabiani et ses alliés, la Gauche parvenait à ses fins en installant un socialiste à la tête de Marseille à la place de Simon Sabiani. Bien que la victoire électorale de la Gauche ai temporairement éclipsé l'alliance Fasciste-Corse, la montée du fascisme a eut pour conséquence de politiser le Milieu marseillais, qui fut dès lors considéré comme étant une force importante dans la politique municipale, voire régionale. Ainsi, la dimension politique qu'ont réussi à donner à leur règne le duo Carbone-Spirito était une première, jamais avant eux des caïds n’avaient réussi à s’immiscer à ce point au sein d'une organisation politique. Bien qu'ils aient perdu les commandes du gouvernement municipal, la puissance économique de Paul Carbone et de François Spirito n'a à peine diminué. Tout juste se font-ils un peu plus discrets.

En 1940, l'occupation de Marseille par les forces allemandes suite à la chute des militaires français a permis à Carbone et Spirito de retrouver leur influence politique. Devant faire face à des mouvements de Résistance de plus en plus actifs partout en France, la Gestapo assignée à Marseille eut alors absolument besoin d'informateurs. C'est ainsi que les Nazis se sont tournés vers les figures les plus prestigieuses de la pègre, qui se sont alors montrer tout à fait enclin à collaborer. Le 14 juillet 1942, à Marseille, la Résistance a pour le première fois montré sa force en assiégeant le siège social d'une organisation pro-nazie, au centre même de la ville (le PPF, dont le directeur régional était l'ex-Maire fasciste Simon Sabiani). L'après-midi suivant, Carbone et Spirito ont remis à la Gestapo une liste complète de tout ceux impliqués dans cette manifestation. En échange de ce service, mais aussi de biens d'autres tout aussi précieux pour la Gestapo, les parrains ont été largement récompensé. Carbone n'aura pas le temps de profiter longtemps des amabilités de la Gestapo.
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:13

En 1943, alors qu'il remonte à Paris après un voyage à Marseille, Paul Venture Carbone meurt dans un accident de train. Un déraillement provoqué par la Résistance dont Carbone n'était n réalité pas la cible première. Le but était simplement de supprimer des permissionnaires allemands. La jambe droite sectionnée entièrement et la gauche au niveau du tibia, le caïd meurt quelques instants plus tard. Plus de 3000 personnes assistent à ses obsèques grandioses. Parmi elles, des figures de la Pègre, du monde politique, de la Chanson (Tino Rossi y interpréta l'Ave Maria), du Cinéma .

La défaite de Carbone sera bientôt suivie de la défaite de son camps. En août 1944, les Alliés débarquent en Provence. Le 27, le général Schaeffer envoie une lettre de reddition au général de Monsabert qui mène la charge. La ville est libérée. De son côté, toujours en 1944, François Spirito file en Espagne en compagnie de Simon Sabiani afin d'éviter le débarquement des Alliés. Sabiani restera dans ce pays jusqu'à sa mort, en 1956, à Barcelone.


Alain Delon de Deray devront demender la permission des frère carbonnne (venture), pour faire leur film, ils eurent pour protecteurs à cette époque les nouveaux rois de marseillle les Guerrini pour les aider dans leur démarche.
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:14

Le clan Guerrini les rois de Marseille de 1945 à 1969
Mémé (barthelemy) et Antoine




L'ascension d'un truand
Originaires du village de Calenzana, en Corse, aîné d'une famille pauvre de septs enfants (six garçons et une fille), Antoine Guérini voit pour la première fois le sol continental à l'âge de 15 ans. Il part pour Marseille et trouve une place de serveur dans un bar de voyous. Dans le début des années 1930, il fait venir ses frères Francois et Barthélémy Guérini dit Mémé. Puis rejoint par Pierre, Pascal, Lucien et Restitude qui a toujours pris une part active par la suite aux décisions du clan.

Dans les années qui suivirent, les Guérini commencèrent à s'implanter solidement dans le Marseille nocturne. On les connaît pour leur bonne mentalité et leur droiture, à une époque où l'entourloupe était de mise dans le Milieu. Antoine se démarque notamment par sa froideur, son mutisme et son impulsivité.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Mémé devenu le bras droit d'Antoine et surtout Antoine ne vont cesser d'élargir leur empire, possédant des établissements dans le sud. En plus du proxénétisme, le clan Guérini touche aussi à la politique, du côté des socialistes.


Des gangsters résistants
Pendant l'Occupation, les Guérini penchent plutôt pour la Résistance, Antoine cependant reste affairiste et combine parfois opportunément avec l'occupant. Mémé, lui, est on ne peut plus engagé : il organise des raids, prend part aux combats et noue beaucoup de liens avec de futurs hommes politiques, notamment Gaston Deferre. À la fin de la guerre, les Guérini ont le champs libre : les « parrains » marseillais, Paul Carbone et François Spirito, ont quitté le terrain (l'un mort et l'autre en fuite). De nombreux autres voyous sont aussi en fuite, par peur des représailles suite à leur collaboration (non-idéologique mais économique) avec les nazis. Les Guérini prennent alors beaucoup de terrain sans qu'on ne leur résiste, autant dans le sud que dans la capitale.


L'empire marseillais
Les Guérini vont alors être littéralement propulsés au sommet : l'ex-commissaire de la DST Robert Blémant s'allie à eux en 1945 et leur permet d'aggrandir encore leur empire, et en 1947 le candidat des Guérini, un certain Gaston Deferre, est élu maire de Marseille. Les Guérini sont puissants, à la tête d'un empire et chefs d'une véritable armée de gangsters, on les craint et les respecte à la fois. De part leurs relations, ils sont des intouchables. Dans tous le sud-est de la France, aucune affaire ne leur échappe, et les colonies ainsi que Paris ne leur sont pas inconnus.

Si Mémé Guérini s'écarte quelque peu du Milieu pour se rapprocher du grand monde, Antoine Guérini reste un pure bandit, continuant de fréquenter les établissements des truands. La CIA fait appel à ses services pour tenir le Vieux-Port, le clan se lance avec succès dans la contrebande de cigarettes à grande échelle, ainsi que dans le trafic internationnal d'héroïne, en collaboration avec le plus puissant des parrains new-yorkais, Lucky Luciano, la French connection prenant le contrôle du marché américain pour plusieurs années. Certains évoquent même l'implication d'Antoine Guérini dans l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy.


Les jeux et la chute
À la fin des années 50, Antoine Guérini se lance dans le secteur des jeux, à Paris, conseillé par Robert Blémant. Il y perd des sommes colossales, persuadé que Blémant y est pour quelque chose. En 1965, après de vifs débats au sein du clan, Robert Blémant est abattu par deux tueurs. Mauvais choix de la part du parrain de Marseille : Blémant était un pilier du Milieu hexagonal, et on le respectait autant qu'il était utile aux grands pontes. La quasi-totalité du Milieu désaprouve cette action, et les appuis politiques des Guérini se mettent à les lâcher petit à petit. Les deux assassins seront à leur tour abattus.

Et le 23 juin 1967, alors qu'il faisait le plein de sa Mercedes avec son fils, Antoine Guérini est abattu de onze balles tirées par un tueur casqué accompagné d'un motard. Des hommes envoyés pour venger Blémant ? Plus ou moins. La rumeur désigne ouvertement le jeune mais prometteur Tany Zampa et son acolyte Jacky le Mat, deux futurs stars du milieu, d'être les auteurs du crime. Les deux hommes avaient d'ailleurs travaillé avec Robert Blémant. Mais c'est probablement l'obstacle à leur ascension que représentait Antoine Guérini qui les a poussé à agir.

La même année, Barthélemy Guérini (Mémé), François Guérini et Pascal Guérini sont arrêtés pour meurtre. Pascal meurt en prison et Mémé est condamné à vingt ans de prison. Il mourra d'un cancer en 1982, dans une clinique de Montpellier.




"]Les Guerrini jeunes qui s'appètent à s'emparer de Marseille à la libération

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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:16

Skyblog longue vie au parrain


Paulot Leca




PAULO LECA (1905-1966)










De l'Or dans le Train et dans les Mains

Paul Leca est né le 14 mai 1905 à Valle-di-Mezzana, en Corse du sud. Embarqué pour le continent, il atterrit à Marseille. Il y trempe très jeune dans divers trafics, notamment celui des faux billets, ainsi que dans le vol, et se fait remarqué dans le quartier de Saint-Jean. Il en devient l'un des caïds.

En 1936, son nom est cité dans des affaires de vol, et en 1938 dans une très grosse affaire : celle du train de l'or. Les premiers traits de l'affaire ont été tracés à la Centrale de Nîmes. Le coup réunit deux bandes de Marseille, l'une venant de la Belle-de-Mai, emmenée Paul Pedusi et comptant dans ses rangs Gu Méla, l'autre de Saint-Jean, ayant pour chef de file Paulo Leca. Au total, on compte seize participants. Une nuit de septembre 1938, un train transportant 180 kilos d'or, des diamants et des rubis bruts, entreposés dans un wagon blindé gardé par deux homme armés, quitte la gare Saint-Charles à Marseille. Tout juste quelques minutes après son départ, le train s'arrête bizarrement à hauteur de Saint-Barthélémy. Les hommes d'équipage descendent du train pour voir ce qui se passe. À peine descendus, ils sont mitraillés. Une partie des braqueurs les met en joue tandis que d'autres chargent l'or et les diamants dans une camionnette. Quelques temps plus tard, quelques participants venus de la Belle-de-Mai sont arrêtés. Les autres, sentant le vent tourné, se réfugient à Paris.


Paulo Leca, lui, décide de régler son compte à Attilio Deci, venu de la Belle-de-Mai et ayant participé au coup du train de l'or, à cause d'un vieux contentieux à propos de faux billets. Pour se faire, il lui propose de s'associer avec son équipe le temps d'une affaire. À peine arrive-t-il à ses côtés que Paulo le remplit de plomb. Ses amis balancent le cadavre de Deci à la mer.

Fin 1940, Paul Leca est interné au camp de Mauzac, et revient à Marseille en 1943, en partie libéré grâce à son amitié avec le parrain Paul Carbone. À Marseille, il devient l'un des principaux imprimeur de faux tickets d'alimentation et travaille pour les services, volant à l'occasion pour leur compte des documents militaires à la marine allemande. À la libération, Leca est accusé de collaboration. Le patron de la Sûreté, Pierre Berteaux, que Leca a rencontré à Mauzac, intervient et l'innocente.



Un Gros Poisson

À la Libération, Paulo Leca est devenu un très gros poisson, lié à de nombreuses figures du Milieu et ayant des relations policières à un haut niveau qui le protégeront longtemps. Ayant toutes les apparences de la respectabilité, possédant des participations dans des bars niçois, Leca affiche un mode de vie de nabab, costumes coûteux sur le corps et porte-cigarettes en or à la bouche.

Après la guerre, il pille les châteaux, trafique les faux dollars et les cigarettes de contrebande. Il excelle dans ce dernier secteur et devient l'un des plus gros trafiquants de cigarettes de Marseille, peut-être même le plus gros juste après Jo Renucci. Son superbe yatch, l'Éliette, sert à son équipe pour faire la navette entre Tanger et Marseille, les cales du bateau remplit de blondes. En décembre 1949, deux tonnes de cigarettes de contrebande sont saisies dans un camion près de Marseille. Leca est confondu quelques semaines plus tard. Son yatch est saisi. Lui est condamné à une amende de 130 millions de francs et trois ans de prison par contumace. Paulo Leca est en effet en cavale. Mais pour une autre affaire. Celle des bijoux de la Bégum, le coup le plus fameux des années d'après-guerre..

Le 3 août 1949, aux alentours de midi, sous un soleil tapant, une Cadillac transportant l'Aga Khan, père spirituel des Ismaéliens (secte musulmane) et l'un des hommes les plus riche au monde, accompagné de sa femme, la Bégum, élue Miss France en 1930, quitte une luxueuse demeure du Canet pour se rendre à l'aéroport de Nice. Un cycliste ralentit d'abord la voiture. Un peu plus loin, elle est bloquée par une traction arrêtée au milieu de la route, et dont le chauffeur fait mine de se soulager sur un mur. Brusquement, il se retourne et braque une mitraillette sur les occupants de la Cadillac. Deux autres hommes, portant des bérets basques et des lunettes de soleil, surgissent de la traction et s'emparent, sous la menace de leurs armes, du sac rouge de la Bégum, remplit de bijoux, dont la Marquise, un diamant 22 carats. L'Aga Khan est délesté de son portefeuille. Avant de prendre la fuite, les bandits prennent soin de crever les pneus de la Cadillac. Le montant du casse s'élève à 213 millions de francs, un record pour l'époque. On parle de "Casse du Siècle".

L'organisateur de l'affaire n'est autre que Paul Leca, secondé par un autre homme de poids, Charles Vincéleoni. C'est un américain retraité proche de la femme de ménage de la Bégum qui a apporté le coup à Leca. Le cycliste chargé de ralentir la Cadillac est Barthélémy Ruberti. Les trois braqueurs sont François Sanna, dit Chois, Jacques Bennedetti et Paul Mondoloni. Quand au chauffeur de la traction, il s'agit de Roger Sennanedj. Grâce à la batterie du véhicule, la police identifie ce dernier. Mis indirectement au courant par la presse, les membres de l'équipe l'élimineront avec sa compagne en Suisse par précaution, alors que la police est sur ses traces.

L'enquête n'avance pas. Jusqu'au jour où Jean-Thomas Giudicelli, homme respecté dans le Milieu mais indicateur invétéré, donne les noms de Ruberti et Sanna, en 1950. De leur côté, les deux compères arrêtés balancent toute l'équipe. Michel Nicoli, juge de paix du Milieu marseillais et oncle de Mondoloni, conseille à l'équipe de restituer le butin du casse pour alléger les charges qui pèsent contre eux. Ainsi, le 26 février 1950, la magot est mystérieusement déposé devant une porte du principal commissariat de Marseille. Leca prend la fuite en Camargue puis à New-York tandis que Mondoloni paye sa caution et s'enfuit à Cuba. Au procès, en juin 1953, Sanna est condamné à dix ans, Benedetti à huit ans et Ruberti à six ans. Vincéleoni, pour sa part, est acquitté tandis que Leca et Mondoloni sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité par contumace.

Mais l'affaire de la Bégum ne s'arrête pas là. À sa sortie de prison, se sentant lésé par la restitution du butin conseillée par Michel Nicoli, Jacques Benedetti abat ce dernier pour son conseil inutile le 14 juillet 1958. En 1976, il est lui-même abattu sur ordre de Paul Mondoloni, neveux de Nicoli. Entretemps, en juillet 1960, Jean-Thomas Giudicelli est tué d'une rafale de mitraillette, sans aucun doute pour l'une de ses dénonciations, peut-être pour celle concernant l'affaire de la Bégum.

Paulo Leca, lui, quitte New York en août 1960 pour la France et s'y constitue prisonnier. Jugé en novembre 1961, il bénéficie grâce à son ami Pierre Berteaux, patron de la Sûreté, de "circonstances atténuantes" et est condamné à deux ans de prison et au versement d'une amende de 91 millions de francs. Ayant déjà purgé dix-huit mois de détention préventive, il sort libre. Coulant une retraite paisible dans sa propriété de Sainte-Marguerite, il meurt dans son lit en février 1966
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MessageSujet: Re: La Cosa nostra. le crime organisé.   Dim 27 Aoû - 11:17

Jo Renucci le maitre de Tanger, des traffics en méditerranée et amis de Lucky luciano



Petit Jo deviendra Grand

Jo Renucci, un mètre soixante deux seulement. Oui, mais un mètre soixante deux de nerfs et d'intelligence.

Né le 6 juillet 1908 à Marseille de parents corses originaires de Zicavo, le bègue Joseph Antoine Renucci a très tôt une attirance pour les armes à feu. Vu sa corpulence, il n'a en effet guère la possibilité de s'imposer par les poings. Portant toujours un calibre sur lui (et ce jusqu'à la fin de sa vie), il est arrêté en janvier 1928 pour port d'arme à Saint-Éloi-Les-Mines. Cinq mois plus tard, il est soupçonné de vol à Marseille et relaxé faute de preuves. Premier non-lieu d'une liste qui ne va cessée de s'allonger.

Lorsqu'il commence à travailler pour Carbone et Spirito, en 1929, alors âgé de 21 ans, on lui prête déjà deux meurtres. Le petit Jo est craint. Ce qui en fait une recrue de choix pour le duo marseillais qui a entrepris de mettre la main sur les maisons de la côte. Jo Renucci et Paul Carbone ont par ailleurs un lien de parenté: chacun de leur frère est marié à une Salducci (Francine et Françoise). Le frère de Jo, Noël, grand spécialiste des jeux dans la région, a d'ailleurs commencé à travailler pour Carbone avant lui, au même titre que son autre frère Barthélémy. Et par l'intermédiaire de Noël, Jo va nouer des liens avec l'ancien président Fernand Buisson, dont le protégé, M. Rouvier, sera élu aux Goudes, petit port de pêche au sud de la ville. Les hommes de main de Renucci encadrent alors les radicaux.

Rusé, prudent, malin et nerveux, Jo Renucci enchaîne les braquages pendant les années 30. Souvent soupçonné, jamais condamné. Les seules affaires où on pourra prouver sa culpabilité concernent le port d'armes et le vol. Soit des condamnations à quelques mois de prison seulement. Pour le reste, on le soupçonne dans divers affaires, notamment celles de la trésorerie générale d'Aubagne, du Crédit Lyonnais de Bignolles, du courrier postale d'Antibes, des encaisseurs de Nice, du braquage de Toulon... Ce dernier, perpétré contre un transporteur de fonds de l'entrepôt de tabac de Toulon en décembre 1939, aurait permis à Jo d'empocher 320 000 francs de l'époque. Mais une fois de plus, il a un alibi en béton. Il fera tout de même un an de préventive en 1934 pour le braquage d'un encaisseur à Alger avant d'être innocenté.

Officiellement importateur d'agrumes en 1935, Jo Renucci devient (officiellement toujours) représentant en champagne en 1940 tandis que son frère Noël est patron de la boîte le Dan's.



De la Résistance au Trafic de Blondes

À l'armistice, comme nombre de gangsters marseillais, Jo Renucci est interné au camp de Sisteron. Il en sort un peu plus tard grâce à son très épais carnet d'adresses. Grand joueur de casinos, il est interdit de jeu en 1942 pour avoir triché au casino de Monte Carlo. Courant 1943, il se tourne vers le camp des occupants et y rejoint Carbone et Spirito, avant de se mettre au service de la Résistance quelques mois plus tard, faisant partie des services de la sécurité des FFI et étant en relation avec les services secrets français en Afrique du Nord. Ce qui lui permet de croiser Robert Blémant ou Marcel Francisci, entre autres, et de se rapprocher des Guérini. Ainsi, Jo sera arrêté fin 1943 par la sécurité allemande pour ses liens avec la Résistance. Il fait jouer ses relations malfrates et s'en sort sans trop de dommages. À la Libération, il prend plus ou moins part aux combats aux côtés des FFI.

Monter à Paris, Jo Renucci se rapproche du MRP au printemps 1945, rencontrant certains de ses dirigeants à Paris. Se liant d'amitié avec des députés RPF, Antoine Chalvet et Étienne Rolin-Laboureur, Renucci adhère au RPF en 1947, tout en gardant des liens avec les services secrets.

Le 3 août 1949, le même jour que l'affaire de la Bégum, Jo Renucci organise un gros coup avec René le Capitaine et quelques autre truands, qui ne toucheront que des miettes : le braquage d'un transporteur de fonds qui relie la Banque de France d'Aix à une succursale de Marseille, pour un montant de 25 millions de francs. L'affaire avait d'abord était indiquée à Antoine Guérini, dont l'équipe avait échoué à plusieurs reprises. La même année, Jo est cité dans une retentissante affaire de vol de bons du Trésor, à Arras, au même titre que le député Antoine Chalvet. Le butin est évalué à 100 millions de francs. Mais là encore, Renucci passe entre les mailles du filet.

En ces années, c'est surtout au trafic de cigarettes américaines que Jo s'intéresse. Le très lucratif trafic des cigarettes américaines de contrebande est tombé aux mains des truands vers 1946-1947, et va faire leur richesse jusqu'en 1956. La plaque tournante du trafic, Tanger, accueille durant cette période toute la pègre méditerranéenne. Dans ce panier de crabe, Jo Renucci va se détacher du lot et devenir sans doute le plus gros trafiquant de cigarettes, précédé de très près par une poignée d'autres contrebandiers, dont entre autres Paul Leca. À Tanger, devenu la base arrière du caïd, Jo Renucci s'impose comme un chef incontestable, trafiquant toute sorte de produits. Le trafic de blondes restant néanmoins son activité centrale. Mémé Guérini dira lui-même plus tard du trafic de cigarettes : "la contrebande ça n'était pas de tout repos! Cela se passait souvent sans problème, mais quand ça dérapait, fallait avoir du doigté".

Ayant des contacts à Marseille, en Corse, à Beyrouth, en Afrique du Nord, et des liens avec le parrain new-yorkais Lucky Luciano (avec qui il s'entend à merveille), Jo Renucci va organiser la contrebande de cigarettes pendant le seconde moitié des années 40. Avec des associés solides, et pas n'importe lesquels : Lucky Luciano et les Guérini. Ensemble ils dépêchent Nick Venturi et Antoine Paolini, dit Planche pour sa maigreur, qui ne sont pas eux non plus des petites frappes. Sur Tanger, Renucci est associé à d'autres poids lourd du Milieu, comme Robert Blémant, Paul Leca ou Marcel Francisci.


De Salicetti à Planche, les corps tombent

Mais la carrière de Renucci va aussi être entrecoupée de retentissants règlements de compte. Jo est en effet mêlé aux deux vendettas qui ont le plus secoués le Milieu des années 40 et des années 50.

En décembre 1945, Ange Salicetti, dit le Séminariste, déjà double assassin (c'est lui qui a tué l'un des frères Graziani en 1937), lance une offensive contre des tenanciers de Paris. Après deux victimes des balles de Salicetti, l'équipe adverse contre-attaque. Le Séminariste, homme de poids de Montmartre, sait qui est de son côté et sait surtout qui est contre lui, conscient qu'on l'apprécie peu. Il prépare sa vengeance. Ainsi le 19 juillet 1946, à la sortie du Hollandais, quatre hommes sont visés par des coups de feu. Un homme est tué, Jacques Morazzini, et trois autres sont blessés, dont Nick Venturi. Ce dernier connaît beaucoup de monde. Ses proches sont près à l'épauler, Jo Renucci en tête, suivit de "Planche" Paolini, qui va faire plus tard parler de lui dans une autre vendetta, et de François Lucchinacci, dit le Notaire. Les corps ne vont cesser de tomber.

Sans qu'on ne sache trop pourquoi, Ange Salicetti voue une haine sans limite à Jo Renucci, bien plus qu'à tous les autres ennemies qu'il s'est fait. Le 20 janvier 1949, Jo dîne avec le député gaulliste du RPF Raulin dans un grand restaurant de la rue Mac-Mahon. Le député lui propose de le ramener, ce qu'il refuse. La traction de Raulin est alors mitraillée et la secrétaire de l'homme politique tuée. Les tireurs l'ont confondu avec Renucci, car étant du même gabarit que celui-ci. Le 28 août de la même année, épaulé par Nick Venturi et Antoine Paolini, Jo Renucci décide de se venger. Alors que Salicetti rentre de l'enterrement de Mathieu Costa, caïd ami des Guérini qui a été poignardé, sa voiture est mitraillée dans le tunnel de la porte de Champeret. Il s'en sort vivant, mais son cousin est blessé et ses deux gardes du corps tués.

Le 3 décembre 1950, celui qui a fait trembler le Milieu pendant cinq années est enfin abattu, malgré sa très grande prudence et toutes les précautions qu'il prenait. Ce soir-là, à deux heures et demi du matin, alors qu'il rentre chez lui en banlieue parisienne dans sa BMW avec sa femme, une voiture surgit du boulevard d'Indochine et des coups de feu sont tirés. Ils atteignent Salicetti en plein front.

Quelques années plus tard, une autre vendetta va secouer le Milieu. Et là aussi Renucci y joue un rôle de premier plan. Elle concerne le trafic de cigarettes. En 1952, Antoine "Planche" Paolini aurait escroqué ses associés de plusieurs centaines de cartouches de cigarettes provenant du bateau le Combinatie. Et en 1955, il essaye de tuer un truand corse revenu au pays depuis quelques années, "Jean-Jean" Colonna, qui avait pourtant comme intention de calmer le jeu. Amputé des deux jambes après avoir reçut une rafale de mitraillette, il survit. Mais la guerre est lancée. Jo Renucci, Jean Colonna, Nick Venturi et Marcel Francisci, soutenus par les Guérini, se lèvent contre Planche. Les fusillades se multiplient et une grande partie des proches de Planche y passent.

Ce dernier se sent traqué et abandonné, et il n'a pas tort. Le 4 novembre 1955, deux de ses poulains poussés par les Renucci et compagnie le trahissent et l'exécutent de vingt balles. Ce qui ne met pas pour autant fin à la vendetta. Jean-Jé Colonna va en effet se venger de la mort de son père, Jacques, tué uniquement pour son lien de parenté avec "Jean-Jean". Il lui faudra dix ans...

Chacune de ces deux vendettas aura laissé près d'une quinzaine d'hommes sur le carreau.



Jo Renucci au sommet de sa gloire

Vers 1949-1950, Lucky Luciano et Meyer Lansky passent divers séjours en France. Il semble clair qu'ils y ont organisé des réunions avec Antoine Guérini et Jo Renucci afin de mettre sur pied un important trafic d'héroïne. Jo a en effet une adresse à New York sous un nom d'emprunt, sans doute pour s'occuper de la bonne marche des opérations. Il est aussi lié au chimiste présumé de l'organisation, Gaston Roussel. Divers services de police français, et parfois américains, s'accordent à dire que Renucci est l'un des plus gros trafiquants de drogue et de cigarettes américaines des années 50.

Pendant cette période, Jo Renucci est au sommet de sa gloire. Il s'affiche en homme d'affaire, fréquente les politiques, tient plusieurs établissements : un bar dans le VIIIe arrondissement à Paris, un autre à Marseille, copropriété de Robert Blémant, un salon de thé et une maison de disque qui diffuse entre autres Fernandel. Survivant de deux vendettas, il se montre très vigilant, craignant des vengeances. Installé à Casablanca depuis 1952, il est entouré de gardes du corps lourdement armés. Malgré une saisie de cinq tonnes de cigarettes de contrebande, en juin 1950, issues d'un trafic attribué à Renucci, ce dernier déclarera : "je ne suis pas un trafiquant. Je suis un commerçant qui paie des impôts et qui est soumis aux lois. Je vends des cigarettes? D'accord. Mais je vends aussi des filets de pêche. À Tanger, tout est en vente libre. Quand je vends un chargement de blondes, est-ce que j'ai à savoir où elles vont être expédiées? Je suis payé cash. Cela me suffit". Officieusement proclamé "roi du non-lieu", le trafic de cigarettes et de drogue lui permettront de prospérer jusqu'à la fin de sa vie.

Grâce à ses liens, Renucci se rapproche du SDECE. Il fréquente en effet à Casablanca Antoine Méléro ou encore Alexandre de Marenches, travaillant pour le SDECE. Jo Renucci est soupçonné d'organiser dans la région un trafic d'armes avec l'Istiqlal, l'un des partis nationalistes marocains les plus virulents. C'est pourquoi il est contacté assez tôt par la Main Rouge, une organisation contre-terroriste derrière laquelle se cache la SDECE, chargée de l'élimination de certains nationalistes marocains et tunisiens et de l'arrestation de leurs vendeurs d'armes. L'organisation active donc Jo Renucci, très au courant de tous les trafics qui se déroulent en Méditerranée, pour des missions d'infiltration des livraisons d'armes. En échange de quoi on détourne les yeux de ses activités.

Jo reste par ailleurs très impulsif, comme il l'a montré au cours des deux vendettas qu'il a traversé. Ou encore en 1957, année durant laquelle il aurait abattu des hommes du FLN algérien, à Paris, qui avaient mitraillé un bar tenu par des amis corses. L'année suivante, Jo Renucci va rendre l'âme. En novembre 1958, âgé de cinquante ans, il meurt d'un cancer dans son appartement du XVIIe arrondissement, à Paris. Fin de parcours pour ce truand multicartes, caïd de Marseille, Paris et Tanger, pilier des trafics méditerranéens.
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